Des microalgues pour réduire la consommation énergétique des bâtiments

Nous vivons dans une époque où la transition énergétique n’est pas plus un débat, mais bien une réalité. Ainsi de nombreuses de solutions jamais évoquées auparavant apparaissent et laissent entrevoir ce à quoi le monde de demain pourra ressembler. C’est le cas d’un projet visant à recouvrir les façades de bâtiments avec des microalgues, afin de réduire la consommation énergétique de chauffage et de refroidissement.

Réduire notre consommation énergétique avec des biofaçades

D’ici la fin de la décennie, il est fort probable que les murs des bâtiments, usines et immeubles publics confondus, devraient s’équiper en «biofaçades », des installations dédiées à la culture de microalgues. Ce projet surprenant a été imaginé par le cabinet d’architectes X-TU, inventeur de ce concept breveté, qui a conçu un projet de biofaçade destiné à un site d’incinération de déchets dans la ville de Nantes. À noter que le projet a été dévoilé en mi-mars et devrait s’achever fin 2015.

Une double isolation remplie d’eau

Le procédé, présenté comme une première mondiale, inclura l’installation de bassins verticaux de 200 m2 de double vitrage rempli d’eau, dans lesquels se développeront des algues microscopiques. La structure sera indépendante du bâtiment, mais ne sera distante que d’un demi-mètre. Cela va permettre de faciliter la maintenance, et de capturer la chaleur du soleil, ainsi que celles qui s’échappent des murs de l’édifice. En somme, le prototype permettra aux organismes marins de disposer de sources d’énergie gratuites. Anouk Legendre, cofondatrice de X-TU, a notamment déclaré : « Les microalgues ont les mêmes besoins que les humains. Alors, pourquoi ne pas créer des espaces qui profitent aux deux ? » Elle a également ajouté : « En hiver, cela fonctionne comme une serre et, en été, la paroi est rafraîchie par la circulation de l’eau et par un courant d’air généré par deux ouvertures à la base et au sommet de la biofaçade ». Ce qui fait qu’une fenêtre sur deux sera vert gluant et les autres devraient laisser passer la lumière.

Des vertus retrouvées dans la réduction de consommation énergétique

D’après l’architecte, cela devrait engendrer une économie d'énergie de plus de 50 % pour le chauffage et la ventilation vmc du bâtiment. Philippe Dreno, fondateur d’Algosource, groupe spécialisé dans la production de microalgues et associé au projet ont notamment déclaré : « Ces organismes fixent le gaz carbonique, le nitrate, l’azote et fabriquent du dioxygène par photosynthèse ».

Des économies d’énergie attendues

En résumé, nous pouvons espérer une réduction de plus de 80 % des besoins en énergie nécessaire qui aideraient à les faire pousser. En effet, les biofaçades se posent surtout comme un moyen économique et pratique de produire des microalgues à moindre prix. Vu que les plantes ne sont pas invasives, elles peuvent également être utilisées pour la création de carburant bio.

L’amélioration de notre consommation énergétique devra attendre quelques temps

D’après Algosource, moins de 20 000 tonnes ont été commercialisées dans le monde en 2012. Ce qui confirme que le développement de l’algoculture reste encore freiné par des coûts de revient qui s’avèrent trop importants. Philippe Dreno ajoute : « Dans un premier temps, on va en extraire des principes actifs à très forte valeur ajoutée pour des débouchés dans le cosmétique, la santé ou l’alimentation ». Pour sa part, Anouk Legendre déclare : « Plus tard, nous espérons produire de l’énergie à partir de cette biomasse, car les algues, c’est le prochain eldorado énergétique. Aujourd’hui, on ne la vendrait pas assez cher pour être rentable, mais demain, si ça se généralise… ».

L’objectif du cabinet d’architecte est de commercialiser ce prototype. D’après le laboratoire de génie des procédés environnement agroalimentaire (Gepea) de Nantes, si le projet aboutit alors, l’étude et la construction de biofaçades pourraient représenter un marché de 19 milliards d’euros en 2030.

Source : vos économies d'énergie.fr