Énergie nucléaire : Au japon, la nouvelle autorité renforce drastiquement les règles

De nombreuses municipalités japonaises seront dans l’obligation de revoir leur plan d'évacuation des habitants prévu en cas de catastrophe nucléaire. En effet, cette décision est la conséquence des travaux lancés par la NRA (Nuclear Regulatory Authority), nouvelle instance japonaise de régulation du nucléaire.


Centrale nucléaire : Les règles se voient renforcées

L’agence est chargée de définir les nouvelles règles de suretés du nucléaire. À noter que ce projet a pour but de redémarrer 48 des 50 réacteurs japonais qui sont aujourd'hui à l'arrêt. Pour ce faire, l’agence a mené une étude sur les éventuelles retombées radioactives en cas d’accident similaire à celle survenue à Fukushima dans chacune des seize centrales du pays. D'après cette étude, des contaminations radioactives d'un niveau supérieur à 100 millisieverts (mSv) (à noter que 10 mSv est la dose admissible) pourraient être émises dans un rayon de 30 km. Selon l’agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce niveau correspond à la limite obligeant l'évacuation des populations.

En se basant sur ses calculs, la NRA impose désormais aux municipalités installées à moins de 30 km des centrales de mettre en place des plans d'évacuation. À noter qu’auparavant, seules les villes situées dans un rayon de 10 km se devaient de le faire. Le président de la NRA Shunichi Tanaka, ancien vice-président de la Commission japonaise de l'énergie atomique, et membre distingué du « village nucléaire » nippon a tenu à déclarer : « Nous ne pourrons obtenir le redémarrage des réacteurs arrêtés sans la mise en place de ces nouvelles règles ».

Inaugurée le 19 septembre dernier, la NRA remplace désormais l'Agence de sûreté nucléaire et industrielle (NISA) et la Commission de sûreté nucléaire (NSC). Pour rappel, ces deux organisations ont été récemment critiquées pour leur mauvaise gestion de la catastrophe de Fukushima survenu en 2011. La NRA est placée sous la tutelle du ministère de l'Environnement et bénéficie désormais d'un statut similaire à celui de la Commission de la concurrence. Cela devrait lui permettre de garantir son indépendance.


Une volonté de redonner de la crédibilité au nucléaire au Japon

Depuis qu’elle a été inaugurée, la NRA multiplie les initiatives pour démontrer sa transparence et son indépendance, mais aussi son souhait « d'amélioration permanente des régulations pour que les dispositions japonaises représentent les standards les plus élevés du monde". Ainsi, elle a annoncé le 25 octobre dernier que les nouvelles normes de sûreté à venir imposeront aux compagnies d'électricité de rendre leurs centrales plus résistantes aux tsunamis, aux accidents d'avion, mais aussi aux attaques terroristes.

Le sismologue Kunihiko Shimazaki, qui compte parmi l'un des cinq commissaires dirigeant l’agence, a pour sa part évoqué une correction de la définition d'une faille active. En effet, une faille est considérée aujourd’hui comme active si elle a enregistré divers mouvements au cours des 130 000 dernières années. À noter que cette durée peut perdurer jusqu’à 400 000 ans. Cela devrait pousser les compagnies d'électricité à revoir la résistance de leurs installations nucléaires face aux éventuelles secousses sismiques. Tout ceci concerne la volonté des autorités de redonner de la crédibilité à la filière nucléaire japonaise.

Le 14 septembre dernier, le premier ministre Yoshihiko Noda a évoqué une baisse à zéro de la production d'électricité d'origine nucléaire d'ici 2040. Jusque-là, le gouvernement prévoit de relancer les réacteurs à l'arrêt, mais refuse toutefois de le faire sans l’accord des populations locales qu'il souhaite à tout prix rassurer.

Source : Vos économies d’énergie .fr