Faut-il appliquer maintenant le blocage du prix du pétrole?

Le nouveau président de la République François Hollande avait promis lors de sa campagne que le prix de l’essence serait maintenu à un prix fixe pendant trois mois. Si cela peut représenter une aubaine pour les particuliers, l'actuelle tendance baissière du prix du pétrole pourrait jouer en leur défaveur.


Le réforme de François Hollande serait-elle utile actuellement?

Pendant la campagne présidentielle de François Hollande, le blocage des carburants figurait parmi les mesures phares. Mais actuellement, cette mesure parait assez controversée vu que le prix de l’essence est en train de baisser. Alors que le litre de sans-plomb flirte avec les 2 €/litre, un blocage s’avère totalement inapproprié et ne porterait aucun avantage aux consommateurs. Michel Sapin, pressenti pour occuper le ministère de l'Économie, de l'Industrie et des Finances a d’ailleurs ajouté que la question du blocage serait maintenue si le prix des carburants flambe.

Les trois mois annoncés par François Hollande prennent en compte le temps requis pour que la loi TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante soit rétablie. Instauré par Lionel Jospin entre 2000 et 2002, ce procédé permet de baisser le montant des taxes perçues par l’État quand les prix sont en hausses et de l’augmenter s’ils sont en baisse. Le 19 janvier dernier, lors d'un déplacement à Nantes, François Hollande avait déclaré que le blocage temporaire des prix serait mis en place dans le courant du mois de mai de cette année. Ainsi, il a grandement le temps de revoir les mesures avec les distributeurs et mettre en place cette TIPP flottante. Mais ses projets pourraient ne pas aboutir à cause de l’économie des prix du brut.


Cette baisse participerait-elle à rehausser le pouvoir d’achat ?

Le blocage est certes intéressant pour les usagers, mais il n’en est pas de même pour les caisses de l’État français. La mise en place de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante ne participerait pas au renflouement de la caisse des finances publiques, qui, notons-le, est déjà dans un état assez critique. En renonçant à tout l’argent définitivement perdu durant 3 mois (et donc à ses 60 % de taxes qu'il prélève sur chaque litre de carburant), l’État passerait par une bien mauvaise passe. Pour rappel, avant les élections, François Baroin avait déclaré que l’État n’avait pas les moyens de mettre en place ce blocage ni de revenir à la TIPP flottante. Le gouvernement français n'a aucune main mise sur le cours du pétrole, son prix ne cessera de monter. Ce qui signifie qu’un blocage à long terme n’est tout simplement pas possible.


Le prix du pétrole en France s'apprête à fléchir

Les prix à la pompe continuent de baisser. Le litre de gazole (avec plus de 80 % des ventes) a vu une baisse de 1,4023 euro contre 1,4584 euro vers mi-mars. L’essence sans plomb 95 (15 % des ventes) est descendue à 1,60 euro à 1,5815 euro, contre 1,6664 euro vers la mi-avril. Le sans-plomb 98 (5 % de la consommation) quant à lui est baissé à 1,6402 après avoir atteint un pic 1,7121 euros en début avril. Ces chiffres sont des moyennes nationales calculées à partir de données fournies par les stations-service. Les résultats quant à eux, ont été publiés par la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC).


Un bocage du prix de l’essence encore en suspens

Ces chiffres montrent que la mesure voulue par François Hollande est encore superflue pour le moment. Si les prix des carburants se remettaient à grimper alors le blocage serait maintenu. Il est à noter que des prix élevés pourraient influer le consommateur lambda à réaliser des économies d'énergie


Source: vos économies d'énergie.fr