L'imperméabilisation des sols: un problème majeur en France

L'imperméabilisation des sols continue son inexorable progression dans l'Union Européenne.

En France, d'après le Service de l'Observation et des Statistiques (SOeS) du Ministère du Développement Durable, les espaces artificialisés représentent 9,4 % du territoire en 2008, soit 5,1 millions d'hectares. D'après l'enquête Teruti-Lucas, 16 % de ces surfaces correspondent à des sols bâtis (maisons, immeubles...), 44 % à des sols revêtus ou stabilisés (routes, parkings...) et 40 % à d'autres espaces artificialisés (jardins, chantiers...).

Les espaces artificialisés s'accroissent d'environ 60 000 hectares par an depuis 1993, principalement aux dépens des terres agricoles, mais aussi des milieux semi-naturels : 90 % des sols artificialisés entre 2000 et 2006 proviennent de zones agricoles.

Ce sont les régions déjà très urbanisées comme l'Alsace, l'Ile-de-France et le Nord – Pas-de-Calais, qui ont connu la plus grande disparition des terres agricoles, ainsi que les Pays de la Loire, Rhône-Alpes et le littoral méditerranéen (Languedoc-Roussillon, Paca). Selon le SOeS, l'artificialisation responsable de ce phénomène peut prendre différentes formes. Ainsi, les agglomérations des régions déjà fortement urbanisées, comme l'Île-de-France ou Rhône-Alpes, poursuivent leur extension. Dans d'autres régions, c'est plutôt la nature de l'urbanisation qui explique l'importance de l'artificialisation : discontinue (Bretagne, Pays de la Loire) ou concentrée le long des axes de transport (Midi-Pyrénées).

En Ile-de-France, l'imperméabilisation des sols s'intensifie davantage chaque année. Selon l'IAU-idf, plus de 21% des sols sont déjà artificialisés, tandis que les forêts et cultures régressent (- 1 point entre 2003 et 2008). Cette tendance ne devrait pas s'inverser puisque le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF), finalement adopté par les députés le 31 mai 2011, prévoit de renforcer l'attrait de la région capitale et donc son nombre de logements, d'équipements et d'infrastructures.

Selon le Service de l'observation et des statistiques du Ministère du Développement Durable, l'imperméabilisation des sols engendre de graves conséquences environnementales.

  • Elle favorise le ruissellement de l'eau le long des pentes au détriment de son infiltration, l'érosion des sols, les coulées d'eau boueuse et le risque d'inondation, comme en témoignent de nombreuses catastrophes naturelles exacerbées par l'absence de couvert végétal protecteur.
  • De plus, la concentration du ruissellement intensifie le transfert de sédiments chargés de contaminants des sols vers les cours d'eau (engrais azotés ou phosphatés, hydrocarbures, métaux lourds, produits phytosanitaires).
  • L'artificialisation des sols peut aussi provoquer un destockage de carbone rapide et conséquent, qui contribue au changement climatique lorsque le sol n'est pas très vite couvert (végétation, revêtement).
  • Elle fragmente (découpe) les habitats naturels, les écosystèmes et les paysages, affectant fortement la biodiversité. Ce phénomène est particulièrement visible dans les zones d'extension périurbaine, où la construction de logements individuels de plus en plus éloignés des centres historiques urbains est extrêmement consommatrice en sols cultivés.
  • Enfin, l'imperméabilisation des sols contribue fortement à l'îlot de chaleur urbain qui ne permet pas aux villes de se rafraîchir suffisamment la nuit.

L'installation de toitures végétalisées est un des moyens pour lutter contre l'imperméabilisation des sols, rappelle l'ADIVET, l'association des toitures végétalisées en France.