L'interdiction de l'exploitation du gaz de schiste réaffirmée par le Gouvernement

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, avait avancé l’idée d’une exploitation « écologique » du gaz de schiste en France. Une proposition qui a tout de suite été remise à l’ordre par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui a déclaré qu’« Il n'y a qu'une politique au gouvernement » et que toute exploitation des gaz de schiste en France serait exclue.

L’exploitation du gaz schiste

Arnaud Montebourg a choisi d’exprimer ses idées lors de l’audition organisée par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale sur la réforme du code minier. Il recommande notamment la mise en place d’une « compagnie publique et nationale » qui prendrait en charge l’exploitation du gaz de schiste et « assurerait le financement de la transition énergétique". Il estime que cela devrait permettre de réduire de manière conséquente les importations de gaz et de pétrole.

Arnaud Montebourg s’exprime ainsi en faveur de l'exploitation de gaz de schiste en France. Il estime également qu'une collaboration avec les écologistes en vue de faire une exploitation de manière écologique du gaz de schiste serait possible.

Une sujet au coeur de la transition énergétique

La position du ministre du redressement productif n’a pas été vue d’un bon œil par le gouvernement. Après une remise à l’ordre par le nouveau ministre de l'Écologie, Philippe Martin, il a subi les foudres du premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Philippe Martin a notamment répliqué aux idées avancées par M. Montebourg en déclarant que “la question d'une exploitation ‘écologique” des gaz de schiste ne se pose pas”. Elle est pourtant une partie importante du débat sur la transition énergétique

Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, a également critiqué la prise de position de M. Montebourg, en déclarant qu’elle divergeait de celle du gouvernement. Il a également ajouté qu’il est impensable de “faire des forages avec de la fracturation hydraulique dans la Drôme, à côté du Vercors”. Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, amplifie les critiques en déclarant que l’annonce du ministre était une “provocation" et que la question concernant le gaz schiste ne devra être traitée qu’avec l’accord du gouvernement.

Le président du groupe écologiste Europe Ecologie-Les Verts au Sénat, Jean-Vincent Placé, pour sa part, a déclaré que "M. Montebourg, il ne lui reste plus que le verbe, parce qu'il vole d'échec en échec, de faillite en faillite, de Florange à Pétroplus, à Goodyear, à Peugeot. Partout où il passe, les emplois disparaissent et il représente un peu quelque part une faillite du verbe. C'est un citoyen bourguignon qui siège au conseil des ministres et qui raconte ce qu'il pense."

Le recours aux techniques propres pour les économies d'énergie

François Hollande avait déclaré en novembre dernier que la recherche concernant les techniques alternatives à la fracturation hydraulique allait bon train et qu’il saurait prendre ses responsabilités dans le cas où une nouvelle technique venait à apparaitre. Selon un proche du chef de l'État : « M. Montebourg n'est donc pas en contradiction avec ce que dit François Hollande" sur la recherche de techniques propres d'extraction. Il parait important de rappeler que la fracturation hydraulique se pose actuellement comme la seule technique qui permet d’extraire les gaz ou pétroles de schiste des sous-sols. Cette pratique a été toutefois interdite en France depuis 2011, car elle présentait de nombreux effets néfastes sur l’environnement, notamment pour les nappes phréatiques.

Il se pourrait que le Conseil d'État transmette prochainement au Conseil constitutionnel une question de constitutionnalité sur la loi du 13 juillet 2011 en rapport avec l’interdiction de la fracturation hydraulique. L’abrogation du texte devrait mobiliser les industriels et le MEDEF qui luttent actuellement pour un assouplissement de la loi dans le cadre du débat sur la transition énergétique.


Source : Vos économies d'énergie.fr