L'Ukraine commémore le drame de Tchernobyl

26 ans après la pire catastrophe nucléaire de l'Histoire survenue à Tchernobyl en Ukraine, le monde a commémoré le drame ce mardi. Pour rappel, le 26 avril 1986 à 1 h 23, au cours d'un test de sécurité, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl a explosé suite à des erreurs de manipulation. Ceci a eu pour conséquence de faire propager des rejets d'éléments radioactifs d'une intensité équivalente à plus de 200 bombes de Hiroshima atteignant une grande partie de l'Europe.

Cette tragédie a entraîné un débat sur l'énergie nucléaire

Le nettoyage de la zone située autour de la centrale a pris plus de quatre ans et a nécessité l’intervention de plus de 600.000 liquidateurs. Envoyés par l’URSS, ces derniers portaient des protections minimes alors qu’ils étaient exposés à de fortes doses de radiation. Mardi, le patriarche de Moscou, Kirill et de nombreux hauts responsables politiques se sont donné rendez-vous sur le site afin de commémorer le drame. Une cérémonie religieuse prévue à 7 h GMT a été suivi d'un dépôt de gerbe sur les tombeaux des liquidateurs décédés lors du drame.

Au cours d'une visite à Tchernobyl le 20 avril, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU a fait appel à un débat global concernant l'énergie nucléaire. En ajoutant qu’il fallait impérativement renforcer les normes de sécurité nucléaire après le désastre survenu à la centrale nucléaire de Fukushima et Tchernobyl. 26 ans après, le bilan de Tchernobyl est toujours au centre de la polémique. Le lobby nucléaire se réserve d’étudier en profondeur et à long terme les conséquences de cette catastrophe. Le non-suivi des victimes de ce drame a été mis sur le tapis. À l’époque, Mikhaïl Gorbatchev était à la tête de l'URSS et n’a reconnu le drame que trois jours après que la Suède, atteinte des rejets radioactifs, ait alerté le monde. Ce silence volontaire a entrainé la contamination de centaines de milliers de gens en Ukraine, en Russie et au Bélarus.

La catastrophe a entraîné des constats affligeants

Dans un rapport publié en 2008 et portant sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, l'UNSCEAR (comité scientifique chargé par les Nations unies de consigner les effets des radiations) estimait que Tchernobyl avait entrainé 6.000 victimes de cancer de la thyroïde, dont quinze morts. Un constat assez minime vu que l'Académie des sciences de New York avait publié en 2010 une étude démontrant que Tchernobyl aurait causé le décès de plus de 110.000 liquidateurs et 980.000 décès de civiles.

La sécurité nucléaire est mise à nue

Le modèle de la Commission internationale de protection radiologique créé lors de la Guerre froide ne permet pas d’évaluer de manière cohérente les risques liés aux faibles doses inhérentes à l'industrie nucléaire. De plus, le modèle proposé ne garantit pas la sécurité nucléaire requise pour les travailleurs du nucléaire et le public exposé aux rejets radioactifs.

En 2003, le CERI (comité européen sur le risque de l'irradiation) propose un nouveau modèle de radioprotection. Ce modèle apporte des améliorations aux normes de radioprotection de la directive Euratom 96/29, adoptée par le Conseil européen en mai 1997. A noter que cette directive a accepté le recyclage de déchets à faible taux radioactifs dans des produits de consommation. Ce qui a exposé la population européenne aux radiations à faibles doses.

L'amélioration des normes de sécurité nucléaire est incertaine

Le CERI a alors mis en exergue des facteurs de pondération, ceci afin de mesurer les dangers liés aux différents types d'expositions. Les nouveaux pondérations, ou facteurs de danger biophysique (Wj) et facteur de danger lié à la biochimie de l'isotope (Wk) reprennent l’estimation des personnes atteintes de l’irradiation chronique à faibles doses. Par la suite, le comité a ajouté ces facteurs aux données de l'UNSCEAR concernant la retombée collective et la dose inhalée due aux essais nucléaires. De ce calcul, le CERI a pu dénombrer 61.619.512 personnes mortes du cancer et 123.239.024 personnes mortes de cancers radio-induits.

Face à ce constat affligeant, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN) a rejoint le CERI sur l’idée que les expositions externes aux radiations sont moins dangereuses que les expositions internes vu que les produits radioactifs s’imprègnent sur les constituants cellulaires tels que l'ADN. Ceci prouve que la sécurité nucléaire proposée jusqu’à maintenant ne remplit pas toutes les normes demandées. Les responsables, quant à eux, ne creusent pas assez sous la surface pour que d’autres suivent. Il est clair que jusqu’à maintenant, le système de radioprotection mondial n’affiche pas de progrès singulier.

Source : Vos économies d'énergie.fr

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