La Chimie verte : des avancées pour les énergies renouvelables

Sommet d’experts pour avancer sur les progrès de la bioraffinerie

Ce lundi 14 Novembre se réunissaient des experts de chimie et deux prix Nobel français dans le but de mener une réflexion poussée sur la « chimie verte ». A l’heure où le nucléaire et les énergies fossiles sont de plus en plus remis en question, la chimie verte représente un grand enjeu. En effet, le pétrole est utilisé pour fabriquer de l’essence mais il est aussi le composant de nombreuses matières plastiques et des huiles moteurs. Il est donc de plus en plus utilisé alors que cette énergie fossile est loin d’être une énergie renouvelable.

La bioraffinerie, une énergie renouvelable

La chimie verte ou bioraffinerie consiste à utiliser des plantes pour remplacer le pétrole. On peut parler d’énergie renouvelable puisque l’Homme peut cultiver ces plantes à sa guise. Au contraire, le pétrole a mis des millions d’année pour se fabriquer.

De plus, les usines de bioraffinerie émettent 50% de moins de dioxyde de carbone ou CO2 que les usines classiques de raffinerie.

Enfin, le bioplastique fabriqué à partir de ces plantes permet, entre autres, de créer des sacs plastiques biodégradables. C’est donc un triple avantage pour l’environnement.

Les freins à la chimie verte

La bioraffinerie pose quand même quelques questions. L’espace utilisé pour cultiver ces plantes ne serait plus utiliser pour les cultures vivrières. Or, si le pétrole devait être remplacé, cela demanderait énormément de champs rien que pour la bioraffinerie. De plus, les plantes qui contiennent de l’amidon comme le maïs ou le blé sont utilisées pour la fabrication de bioplastiques. Or ces cultures ne serviraient plus à nourrir les populations.

Les scientifiques travaillent sur de nouvelles plantes pour assurer une production à grande échelle sans compromettre les surfaces agricoles. On parle ainsi d’algue ou de bois pour la bioraffinerie. Certaines compagnies aériennes utilisent déjà les algues pour leur biocarburant.

Nouvel institut européen de la chimie de la biomasse en Picardie

Du côté de la Picardie, de grandes avancées concernant la chimie de la biomasse se préparent. Suite au projet PIVERT (Picardie innovations végétales enseignements et recherches Technologiques), le premier centre européen de recherche et d’expérimentation de chimie végétale va voir le jour dans l’Oise. Il s’agira pour ce centre d’étudier la manière dont on peut transformer la biomasse «en produits chimiques renouvelables». Cet institut comptera une centaine de chercheurs. Ce projet entrera dans les investissements d’avenir avec un budget de 220 millions d’euros pour dix ans.

L’institut devra travailler sur différents axes de recherche :

  • La collecte des végétaux ;
  • Les problématiques de la nutrition et de la santé ;
  • Le développement de l'écologie industrielle ;
  • Les questions de sécurité.

Ce centre sera complémentaire au Centre de valorisation des glucides et des produits naturels à Amiens. Celui-ci a pour mission de créer des produits composés de matières végétales à la demande des entreprises.

Source : Voseconomiesdenergie.fr