La France pointe du doigt la politique européenne énergétique

Les importations d’énergie augmentent alors que la rénovation thermique des bâtiments et les politiques d’économies d’énergie sont à la traine. Afin de booster les choses, la Commission européenne et le Parlement se sont ralliés afin l’atteindre ces objectifs. Toutefois, la France ne voit pas cet accord d’un bon œil et tente de s'opposer à l’alliance.


L'Union Européenne est en retard sur sa politique énergétique

D’ici 2020, l’Europe espère réaliser 20 % d’économies d’énergie, 20 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre et 20 % d’énergies renouvelables dans son « paquet » énergie-climat, adopté en 2008. Le problème est qu’aujourd’hui, L'Europe est encore loin du compte. De plus, le coût de l’énergie a fortement augmenté. En 2011, 400 milliards d’euros ont été dépensés par les 27 pays de l'Union pour importer du gaz, du pétrole, ou encore de l’uranium. A ce rythme, 9 % seulement des réductions prévues au début pourront être atteints, car aucune mesure proposée par la Commission européenne n’était jusqu’à présent contraignante.

Afin de combler ce manque, une nouvelle directive sur l’efficacité énergétique (DEE) est proposée depuis 2011. Le texte a été rédigé par l’eurodéputé luxembourgeois Claude Turmes (Verts) et a été entériné par le Parlement le 5 mars dernier. Les élus européens ont réussi à trouver un compromis avec des objectifs obligatoires malgré les différentes tensions ressenties. Parmi les contraintes avancées figurent l’obligation pour les entreprises énergétiques de s’imposer 1,5 % d’économies d’énergie par an et l’exigence de rénovation de 2,5 % des bâtiments publics. La majorité des bâtiments souffrent d'une isolation de faible qualité notamment en ce qui concerne l'isolation des murs ainsi que l'isolation de la toiture, ce qui augmentent leur consommation énergétique.


La France est plutôt favorable au nucléaire

Les objectifs obligatoires doivent être acceptés par Conseil de l’Europe, composé des ministres des 27 États membres pour être effectifs. La France s’évertue de son côté à torpiller la directive.

Avant l’élection présidentielle, Éric Besson et les fonctionnaires de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) ont défendu bec et ongles les intérêts des grands lobbies de l’énergie, en particulier du nucléaire. D’autres pays ont ensuite suivi le mouvement, tels que la Pologne et la République tchèque.

Une première victoire pour les défenseurs de l’énergie atomique. Les réductions de consommation seront désormais calculées sur « l’énergie finale » et non sur « l’énergie primaire ». Pour rappel, l’énergie primaire est une source naturelle qui permet la production d’électricité ou de carburant comme par exemple le charbon, le solaire ou le gaz.. L’énergie finale quant à elle, est celle qui s’affiche au compteur après que les énergies primaires aient été transformées en électricité ou en fioul.

Que sont les énergies profitables?

Il faut savoir quel type d’énergie utiliser. Une vieille chaudière à gaz peut par exemple être remplacée par un chauffage électrique ou un chauffage écologique de bien meilleure qualité. Cela aura pour effet d’améliorer l’efficacité énergétique du côté de l’énergie finale, car le chauffage électrique à l'instar d'une pompe à chaleur offre une bien meilleure qualité de chauffage que la chaudière.

Les centrales nucléaires quant à elles, ne pourront être alimentées que par une importation importante d’uranium. Le gaz est important pour qu’une centrale thermique tourne au mieux et puisse répondre aux consommations en périodes de pointe. Au final, la consommation d’énergie finale affiche un résultat positif au contraire de celle des énergies primaires. À ce sujet, Joël Vormus a déclaré que « Ce changement est clairement fait pour favoriser le nucléaire français ». Par ailleurs, la consommation d’énergies primaires ne pourra être réduite qu’avec une vraie politique d’économies d’énergie.


La rénovation thermique des bâtiments se voit freinée

Les bâtiments, les logements et les bureaux sont à la source d’un tiers de ses émissions de CO2 et de plus de 40 % de la consommation primaire d’énergie au sein de l’Union européenne. Le Parlement a avancé l’idée de rénover 2,5 % des bâtiments publics déjà existants s’ils affichent une surface supérieure à 250 m2. Par ailleurs, les bâtiments qui appartiennent aux entreprises publiques, comme la SNCF ou La Poste seront exclues du projet.

Toutefois, plusieurs pays, dont la France, ont demandé une requête qui stipule que cette exigence ne devrait être appliquée qu’aux bâtiments appartenant à l’État, ce qui implique que les collectivités locales ne sont plus concernées. Avec cette restriction, le potentiel d’économies d’énergie va se diviser par dix.


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Source: vos économies d'énergie.fr