La poursuite de l’activité de la centrale nucléaire de Fessenheim semble se maintenir

Alors que la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim se voit faire face à de nombreux obstacles. Le dernier date du début du mois et provient d’Edf, qui réclamerait une indemnisation comprise entre 5 et 8 milliards d’euros à l’Etat.

Les travaux de grande envergure de Fessenheim

Le site de Fessenheim situé dans le département du Haut-Rhin, à 23 km de Colmar et 26 km de Mulhouse, abrite la centrale nucléaire exploitée par EDF. La centrale est équipée de deux réacteurs à eau sous pression d’une puissance de 900 MW, mis en service en 1977 et 1978. Les réacteurs 1 et 2 constituent quant à eux, l’installation nucléaire de base (INB) 75. Un réexamen de sûreté des installations nucléaires est effectué tous les dix ans.

Entre le 17 octobre 2009 et le 24 mars 2010, le réacteur 1 de Fessenheim a été réexaminé et à l’issue de cette troisième visite décennale, l’ASN (l’Autorité de Sûreté Nucléaire) a partagé un avis favorable à ce que la centrale poursuive son activité et à ce que le réacteur puisse être exploité après 30 années de fonctionnement.

Les contreparties demandées par l’ASN à la centrale nucléaire

En contrepartie, la centrale nucléaire se devait de respecter les prescriptions de la décision de l’ASN nº 2011-DC-0231 du 4 juillet 2011, sur le renforcement du radier avant le 30 juin 2013, afin d’améliorer sa résistance au corium en cas d’accident grave avec percement de la cuve. La décision comprenait également l’installation des dispositions techniques de secours qui permettent d’évacuer la puissance résiduelle en cas de perte de la source froide, avant le 31 décembre 2012. Dans le but de renforcer le radier du réacteur 1 de Fessenheim, EDF a ainsi proposé différentes solutions de travaux, mais se devait d’attendre que l’ASN donne son accord avant de les réaliser. Le Conseil d'État, saisi en référé, devait récemment rendre sa décision.

La décision très attendue du Conseil d’ État

En juillet 2011, à l'issue du réexamen décennal de sûreté, l'ASN avait permis la poursuite de l'exploitation du réacteur N.1 de Fessenheim, qui abrite deux réacteurs encore en marche, à condition que le radier, la dalle de béton sur laquelle est construit le réacteur, soit renforcé d'ici le 30 juin 2013.

L’ASN estime que le renforcement du radier, qui se veut moins épais à Fessenheim que dans les autres centrales, devrait inclure un épaississement de la dalle, mais également une augmentation de sa surface afin que l’on puisse y étaler le corium (mélange de produits en fusion) en cas d'accident grave.

Marie Frachisse, juriste de Sortir du nucléaire, estime que de travaux de telles ampleurs aurait dû être précédée d’une enquête publique, afin de justifier le recours de l'ONG. L’association a notamment déclaré : « Alors même que le gouvernement s'est engagé à fermer la centrale durant le quinquennat, autoriser ces travaux revient à donner un argument à EDF, qui ne manquera pas d'invoquer leur rentabilisation pour justifier la poursuite de l'exploitation du réacteur ».

Pour rappel, en janvier, la direction de la centrale nucléaire de Fessenheim avait confirmé que le renforcement des « radiers » situés sous les deux réacteurs devrait être réalisé dans le courant de l’année malgré le souhait du gouvernement de fermer la doyenne des centrales françaises d'ici l’année 2016. À noter que le cout de ces modifications est estimé de 20 à 30 millions d'euros.

Source : vos économies d'énergie.fr