La transition énergétique allemande coûtera au moins 200 milliards d'euros

L'Allemagne qui a prévu de renoncer au nucléaire d'ici à 2O22 a annoncé le coût de l'opération qui est estimé entre 200 et 400 milliards d'euros. L'arrêt du nucléaire implique le développement des réseaux électriques et l'extension des capacités de production des énergies renouvelables


Sortir du nucléaire est donc un souhait on ne peut plus onéreux. En effet malgré tous les efforts consentis par Angela Merkel concernant les énergies renouvelables et notamment ce record de production solaire battu vendredi 25 mai (voir article), s'adapter à de nouvelles sources d'énergie n'est pas une chose simple. D'autant plus que la tâche n'est pas facilitée par les opérateurs historiques de réseau qui n'ont pas un grand intérêt à l'arrêt du nucléaire. C'est pourquoi ceux-ci sont critiqués pour leur travail de développement des réseaux électriques jugés trop lents et inadaptés à la transition énergétique allemande.


Le coût détaillé de la transition énergétique

L'ensemble des travaux requis afin de s'adapter aux nouveaux modes de production électriques devrait coûter entre 200 et 400 milliards d'euros, une somme qui fait débat. Premièrement, la transition nécessite l'extension du réseau électrique à haute tension allemand. On estime à 20 milliards d'euros par an le coût de cette opération qui devrait s'étaler sur dix ans. La modernisation des lignes à basses tension elle, requiert 25 milliards d'euros. Celle-ci comprend également la jonction avec les parcs éoliens se situant au nord du pays.

Enfin le reste de l'investissement va s'orienter vers la construction de panneaux photovoltaïques et d'éolienne. Des coûts qui vont certainement se répercuter sur les consommateurs qui paient déjà l'électricité quasiment deux fois plus chers qu'en France (25,3 cetimes par kWh contre 14,2 en France).


L'Allemagne ne peut plus rebrousser chemin

Le développement des énergies renouvelables a été tel que les allemands sont certains d'avoir la capacité de produire pendant quelques heures une électricité totalement issue des énergies renouvelables. Afin d'exploiter au maximum cette capacité, il est désormais impératif que les allemands développent rapidement leurs réseaux électriques sous peine de "gaspiller" la production d'électricité propre. De plus tout un ensemble de mesures visant à réaliser des économies d'énergie ont été appliquées outre Rhin afin de se préparer à cette transition énergétique.

Du côté du nucléaire le changement de cap de l'Allemagne aura des conséquences négatives. En effet, Areva a l'intention de supprimer plus de 1000 emplois en Allemagne et ce entre 2012 et 2013. Le groupe nucléaire français n'envisagerait pas de procéder à un plan social en France pour l'instant.

L'arrêt définitif du nucléaire aura lieu en 2022. En attendant, les allemands devront redoubler d'efforts pour s'y adapter. Quoiqu'il en soit, le coût des travaux nécessaires à la transition énergétique allemande vont probablement faire réfléchir le nouveau Gouvernement étant donné que la France se repose d'avantage sur le nucléaire et que la surface du territoire est plus importante.

Source: vos économies d'énergie.fr