Le calcul du variable des cadres inclue désormais des critères "verts"

Est-ce à cause de la mouvance actuelle en faveur des économies d'énergie ou est-ce seulement une lubie passagère? Dans tous les cas, désormais les variables des dirigeants, managers et cadres seront calculés avec de nouveaux critères en lien avec le développement durable. Le but étant d'inciter les travailleurs à adopter une démarche plus "verte" pour que la performance de RSE de l'entreprise soit améliorée. Même si l'idée paraît intéressante, elle semble difficilement applicable. Voseconomiesdenergie.fr a mené l'enquête pour découvrir de quelle manière cette nouvelle mesure va être mise en place.


Une décision économique et écologique

Certains groupes appliquent d'ores et déjà cette nouvelle politique ayant pour objectif de fond de promouvoir les économies d'énergie et de récompenser les comportements écologiquement responsables. Par exemple, 10% de la rémunération variable des cadres de Rhodia est directement liés à des objectifs "verts". La Poste, quant à elle, a mis en place des critères sociétaux et/ou verts qui comptent pour 30% de la part variable d'un dirigeant. Et ce ne sont de loin pas les seuls exemples; M. Lhopitallier qui est un Dirigeant de Deloitte s'exprime à ce sujet en ces termes: "Cette mesure est de plus en plus prise au sérieux par les Directeurs des Ressources Humaines, responsables du versement de la rémunération variable". D'autres entreprises, comme Danone (connue pour sa politique de RSE assez forte) ont pris la décision que 40% du variable dépendra désormais de l'attitude éco-responsable des managers et cadres.

En juin 2012, une étude réalisée, par l'Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises, sur sept sociétés avait été publiée: Celle-ci démontrait que tous les groupes n'en étaient pas là mais que toutefois ces nouveaux critères en rapport avec le développement durable valaient dorénavant pour 10 à 30% en moyenne dans le montant des variables.


Difficultés pour intégrer ces nouveaux critères "verts"

L'idée est relativement claire: développer les politiques de développement durable des entreprises en jouant sur le variable des cadres (et ainsi sur leur motivation). Cependant, cela est plus facile à dire qu'à faire car au fond comment évaluer ces nouveaux critères? Faut-il se fier uniquement à la motivation et à l'envie de bien faire des travailleurs ou faut-il exiger des résultats concrets? Sachant que tout le monde ne part pas avec les mêmes cartes en main. Doit-on considérer que le travail est individuel ou collectif: les critères se basent-il sur le travail d'un service (ce qui paraîtrait le plus cohérent) ou seulement d'une personne. Il est envisagé de mettre en place un indice interne qui évaluerait la progression d'un plan d'action, mais cela resterait subjectif.

Par ailleurs, c'est une méthode qui ne manque pas d'effets pervers, notamment concernant les critères sociétaux, car certains cadres sous-estiment désormais leurs taux d'accidents de travail par crainte d'être sanctionnés à travers leur variable. En effet, les accidents du travail peuvent pénaliser le salaire d'un dirigeant: un accident mortel entraîne par exemple une baisse nette de 10% de la part variable de l'équipe de cadres impliquée.


Quels sont ces critères?

Les DRH ont imaginé de nouveaux critères sociétaux et environnementaux pour calculer les variables des dirigeants. Ceux-ci se basent sur l'impact direct ou indirect qu'a l'activité d'un salarié sur la société et l'environnement. Les critères retenus sont les suivants: la consommation énergétique, l'empreinte carbone, le taux de femmes présentes dans le service, l'ambiance au travail, le turn over et le nombre d'accidents du travail dans une année. Le délégué principal de l'Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises, M. Fatoux, a expliqué que "quelques entreprises ont décidé de déterminer les mêmes critères RSE pour tous, alors que d'autres ont préféré demander aux entités de définir leurs paramètres, le choix final se faisant en concertation avec le siège."


Source: vos économies d'énergie.fr