Le rapport Battistel-Strausman sur les énergies renouvelables des concessions hydroélectriques

Lors du 29e Congrès de l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM), qui s’est déroulé le 18 octobre dernier, Philippe Martin, le ministre de l'Écologie a évoqué l'avenir des concessions hydroélectriques en ajoutant qu’un groupe de travail sera bien bientôt assigné à l’analyse des propositions du rapport Battistel-Straumann sur les énergies renouvelables.

Un suivi des nouvelles propositions

La France va poursuivre le mouvement de développement des énergies renouvelables. L’objectif qui vise à utiliser 23 % en énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale ne sera possible qu’avec une activation des leviers de simplifications des procédures et des leviers qui permettront d’identifier et d’exploiter les gisements d’énergies renouvelables disponibles.

L’hydroélectricité, en tant qu’énergie décentralisée, permettra de générer des emplois non délocalisables. Les sites situés dans les Hautes-Pyrénées ont été parmi les premiers à exploiter l’hydroélectricité. Ils ont rapidement été suivis par d’autres installations telles que celle de la vallée d’Ossau et celle du Louron qui sont notamment exploités par une filiale de GDF Suez.

Comme le cadre actuel impose un renouvellement des concessions, et ce, le plus rapidement possible, Philippe Martin a demandé à ce qu’un groupe de travail soit établi et puisse examiner les propositions contenues dans le rapport parlementaire de Mme Marie-Noëlle Battistel et M. Éric Straumann. Il a notamment remarqué que certaines des propositions s’avèrent très intéressantes, surtout ceux qui se rapportent aux collectivités locales concernées par ces concessions.

Les objectifs de la politique de l’hydroélectricité en France

D’après Philipe Martin, le premier objectif sera de soutenir les industriels électro-intensifs. Pour ce faire, il faudra réussir à rester sur le marché européen en maintenant une offre compétitive et en assurant aux industriels une meilleure visibilité sur le long terme. Ici encore, le ministre de l'Écologie revient sur le fait que pour avancer, il faudra penser au renouvellement des concessions hydroélectriques. Le deuxième objectif annoncé se réfère au fait de donner une place de choix aux collectivités territoriales dans les systèmes hydroélectriques. En effet, ces derniers souhaitent disposer de meilleurs rôles dans le processus alors, pourquoi pas ne pas les faire participer ?

En complément de ces deux objectifs majeurs, le ministre a déclaré que le développement des énergies renouvelables doit se faire en raccord avec les autres activités et usages de l’eau, qu’ils se rapportent à l’aménagement du territoire ou au simple loisir. Il estime également que le renouvellement des concessions permettra aux usagers de l’eau de partager leurs points de vue. Enfin, il a conclu en déclarant que les exigences de biodiversité devront être prises en compte pour créer un parfait équilibre.

Le développement durable de l'hydroélectricité

Le développement durable de l'hydroélectricité ne sera pas possible sans la restauration des milieux aquatiques. D’ailleurs, un rapport signé par divers acteurs du secteur en 2010 recommande l’identification du potentiel de développement de l’hydroélectricité dans les secteurs où les enjeux environnementaux sont moindres, et ce, en rapport avec le classement des cours d’eau. L’objectif est d’atteindre une production hydroélectrique de 3 TWh par an d’ici 2020 et d’identifier 66 % des masses d’eau en bon état d’ici 2015.

Toujours dans le cadre de la convention pour le développement d’une hydroélectricité durable, une étude de convergence devra être réalisée entre les études de potentiel réalisées par l’Union française de l'électricité et les Directions régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement. Cela devrait permettre de disposer de points de vue différents concernant le potentiel hydroélectrique français et de son incidence sur les cours d’eau de la liste. À noter que cette étude vient en complément des efforts fournis pour le développement durable de la production hydroélectrique de 3 TWh par an qui devrait être atteinte d’ici 2020.


Source : Vos économies d'énergie.fr