Le recyclage des terres précieuses en France: enjeux économiques et écologiques

Recyclage des terres rares en France : enjeux stratégiques et écologiques

Les terres rares regroupent 17 métaux aux propriétés proches, répartis de manière inégale à la surface de la terre. Essentiels à la production des nouvelles technologies, ces minerais de plus en plus précieux et recherchés, ont acquis un véritable statut dans notre société moderne.

La Chine détient 37% des réserves mondiales, mais contrôle surtout la quasi-totalité de leur exploitation : sa production s’élève à 130 000 tonnes par an. D’autres pays, comme l’Inde, les Etats-Unis ou la CEI (entité intergouvernementale composée d’anciennes républiques soviétiques), restent mineurs sur le marché.

Si les gisements restent importants, l’extraction à la fois coûteuse, laborieuse et néfaste écologiquement et socialement, requiert toujours plus d’énergie et d’investissement.

 

Accroissement des besoins mondiaux

Les terres rares rentrent dans la composition de la majorité des produits high-tech comme les ordinateurs, téléphones portables, écrans plats ou batteries des voitures électriques mais aussi dans celle des technologies vertes : lampes à basse consommation (LBC), LED, générateurs d’éoliennes, panneaux photovoltaïques, etc.

La demande mondiale de ces métaux augmenterait ainsi de 6% chaque année, accélérée par « l’obsolescence programmée » de tous ces équipements ou gadgets entrés récemment dans notre quotidien et par le développement des énergies vertes.

Les stocks étant écoulés, les 17 minerais non renouvelables, deviennent de plus en plus convoités et prennent de la valeur dans un marché sous pression. Par exemple, le prix du terbium, un métal particulièrement rare, est passé de 600 à 4000 dollars le kilo en deux ans à peine.

 

Le recyclage des terres rares : un défi pour la France

Le territoire ne possédant aucune mine de terres rares, la France a décidé de développer leur recyclage afin de diversifier les sources d’approvisionnement en minerais et faire face aux besoins croissants.

Après 10 années de recherche, le groupe chimique Rhodia, a ainsi imaginé de nouveaux procédés lui permettant de récupérer un concentré de terres rares contenu dans :

  • les aimants : composant des éoliennes, véhicules électriques ou disques durs ;
  • les batteries rechargeables NiMH : présentes dans les applications mobiles  véhicules hybriques et électriques ;
  • les LCB usagées ;

Le recyclage commencera entre la fin 2011 et le premier trimestre 2012 dans l’usine de la Rochelle.
Parallèlement, une opération de communication a été lancée pour inciter le grand public à trier les lampes à basse consommation ; seulement un tiers d’entre elles étant pour le moment récupéré.

Et pour l’avenir, on fait quoi ?

Le recyclage, s’il est un élément important, restera insuffisant pour combler une demande exponentielle.

Pour limiter la dépendance à ces métaux non durables, la course à la recherche de substituts va devenir un enjeu important pour les scientifiques et industriels afin de trouver au plus vite des alternatives satisfaisantes à ce composant.

Certains pays riches en minerais vont certainement se lancer ou accroître l’exploitation de leurs mines : il sera alors nécessaire d’améliorer de manière significative l’impact environnemental et humain des méthodes actuelles.

Une fois encore, le refus de la surconsommation de ces produits à la fois indispensables et futiles reste l’un des principal atout pour enrayer la raréfaction des ressources naturelles. Penser durable plutôt que jetable, un précepte simple qu’il ne faut pas hésiter à mettre en pratique chaque fois que cela est possible.

 

Source: Vos Économies d'Énergie.fr