Le savoir faire français dans le développement durable, nouveau potentiel d'exportation en Chine

Après le nucléaire et l’aérospatial, la ville durable apparait comme le nouvel atout de la France pour gagner plus de parts de marché en Chine. Avec ses technologies de pointe parfaitement adaptées au développement durable, la France à de solides atouts.

Un marché en pleine expansion avec le boom du développement durable

Lors de la visite de François Hollande en avril dernier, l’on a noté des délégations des grands groupes tels qu’EDF et Suez Environnement ainsi que des PME telles qu’Architecture-Studio ou Arte Charpentier Architectes à ses côtés. Avant leur départ pour la Chine, la représentante spéciale du Quai d'Orsay pour la Chine, Martine Aubry, avait déclaré : « Nous voulons montrer, en construisant de nouveaux quartiers en Chine, notre savoir-faire avec de grands groupes et d'autres acteurs dans l'ingénierie, le chauffage urbain, les transports, sans oublier nos urbanistes et nos architectes. D'où l'idée de proposer une offre globale pour le développement durable, alors que souvent les entreprises françaises se font concurrence entre elles ».

Le projet est assez convaincant si l’on sait que le marché chinois des économies d'énergie connait actuellement une forte expansion. Si vers les années 80, moins de 200 millions d’habitants vivaient dans les villes, aujourd'hui, ils sont plus de 690 millions. Le taux de croissance urbaine connait également un boom sans précédent avec 3 % par an. Jean-François Doulet, maître de conférences à l'Institut d'urbanisme de Paris et directeur adjoint du centre franco-chinois Villes Territoires, note que « La Chine est l'un des rares pays au monde où l'on produit encore des villes, qui bénéficient d'importants soutiens financiers des pouvoirs publics. Ce développement urbain constitue un immense marché pour les entreprises étrangères. D'autant que la Chine est demandeuse d'expertise étrangère pour l'aider à gérer un processus extrêmement rapide qu'elle a du mal à maîtriser, notamment en termes de dépense énergétique. »

L’urbanisation chinoise est de mauvaise qualité et la plupart des constructions ne répondent pas aux critèes du développement durable. Les quartiers résidentiels ne sont pas rattachés à la ville, les équipements publics sont insuffisants, l’environnement est négligé et d’importantes infrastructures de transports rayent l’esthétique de la ville. Dans l’Ouest, des promoteurs immobiliers prévoient de raser 700 sommets pour y bâtir des métropoles. De tels projets dénotent un souci de rendement, mais ne prennent pas en compte l’écologie et l’environnement. En effet, les villes chinoises représentent près de 70 % des émissions de CO2.

Une forte concurrence entre l’Allemagne, les États-Unis et l’Angleterre dans le domaines des économies d'énergie

À l’heure où la ville durable devient un produit d’export rentable, la France se voit dépassée par ses principaux concurrents, à savoir les Britanniques, les allemands et les américains. Pour conquérir ce marché, elle prévoit de mettre en place une offre globale axée sur une meilleure qualité de vie. Jean-François Doulet rajoute qu’« Alors que les Américains ou les Allemands mettent l'accent sur l'efficacité et l'ingénierie, le french touch, comme on l'appelle dans le milieu, fait plus référence à des savoir-faire urbains intégrés, une expertise technique associée à la prise en compte du patrimoine, de l'architecture, de l'environnement et des aspects socioculturels ».

La France se base sur les modèles d’écoquartiers développés dans l'Hexagone et propose d’intégrer les principaux postes écologiques de la ville, à savoir les économies d'énergie, l’eau, les réseaux intelligents, les espaces verts ainsi que les systèmes de traitements de déchets. Marie-France Bouet, architecte-urbaniste au cabinet Arte Charpentier Architectes, également présente en Chine, a déclarée que « Cette technicité doit s'accompagner d'un volet social pour produire un espace de qualité, un cadre de vie, du vivre ensemble ».

Le projet de la ville durable est une offre que la France a préparée depuis plus d’un an. En effet, l’an dernier, le ministère du Commerce extérieur a réuni l'Association française des entreprises privées (AFEV) et des architectes et des bureaux d'études pour rechercher des solutions qui permettraient de faciliter les collaborations entre les grands groupes et les PME. Éric Lesueur, directeur des nouveaux services urbains chez Veolia, membre de l'AFEV, a notamment déclaré que : « Le constat qui avait été fait, c'est que la France dispose d'une école d'urbanisme reconnue, d'architectes renommés et d'entreprises d'excellence, mais ne parvenait pas à exporter ses savoir-faire. » Avec ce nouveau projet, elle aura de quoi s’occuper. De plus, cela devrait lui permettre de gagner des parts de marché au pays du soleil levant.


Source : Vos économies d'énergie.fr