Le Sommet de Rio est-il considéré comme un échec?

Ce vendredi marquera la clôture du Sommet de Rio+20 avec notamment la signature des accords et l'annonce officielle des engagements tenus par les Etats. Cependant les ONG et certains hauts responsables estiment qu'aucune avancée n'a été effectuée avec cette conférence.


Entre politiques et Organisations Non Gouvernementales, les avis quant à la réussite de ce Sommet de Rio+20 sont on ne peut plus divergents. Alors que l'accord aurait déjà conclu dès le mardi 19 juin, à savoir un jour avant l'ouverture officielle de la Conférence, beaucoup dénoncent la réelle utilité de ce genre de rendez-vous internationaux. D'autant plus que parmi tous les Etats faisant partie de l'ONU et dont les dirigeants étaient conviés à ce Sommet de la Terre à savoir 191, seuls 92 chefs d'Etat ont fait le déplacement. Parmi les absents de marque se trouvent le président américain, Barack Obama, la chancelière allemande Angela Merkel, le président chinois Hu Jintao ainsi que le premier ministre anglais David Cameron.


Les ONG dénoncent une absence d'engagements

Du côté des dirigeants, la tendance est un peu plus mitigée. Certains pays comme le Brésil sont ravis des négociations car l'ensemble des pays participants aurait signé les accords et parce que la Conférence n'a pas été un échec comme la Conférence de Copenhague en 2009. En revanche, certains représentants de l'Union Européenne affirment que personne n'était satisfait du texte et que son contenu est décevant. Malgré le fait que des avancées ont été remarquées, tous estiment que le texte n'est pas à la hauteur de l'évènement.

Même son de cloche du côté des ONG dont les propos ont été plus rudes. A commencer par Greenpeace, qui a qualifié cette conférence d'"échec épique". De même pour WWF qui estime que les pays se doivent de trouver de réels accords afin de ne pas rendre inutile ce Sommet de Rio. L'ONG luttant contre la pauvreté, Care, dénonce un manque d'ambitions de la part des dirigeants mondiaux, alors qu'Oxfam ne voit aucun signe d'un changement majeur.


Des manifestations dans le calme

En marge des négociations, des milliers de manifestants se sont réunis à Rio afin de protester contre un Sommet jugé trop mou. Plus de 40 000 personnes se sont réunies dans la bonne humeur. Entre chars faits en pain, personnes déguisées en globes terrestres, l'ambiance a été beaucoup moins tendue par rapport à Copenhague où des affrontements avaient eu lieu il y a de ça 3 ans. Un Sommet parallèle a été organisé par les ONG, le Sommet des peuples, avec des partisans de l'écologie afin de débattre tranquillement sur les thèmes de l'environnement.


Quels ont été les sujets principaux d'accord et de désaccord?

Les maires des grandes villes du C40 veulent contribuer au développement durable en réduisant leur pollution. Si leurs émissions se poursuivent au même rythme, celles-ci émettront 2,3 milliards de tonnes en 2020. C'est pourquoi les villes du C40 devraient diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 1,3 milliard de tonnes à l'horizon de 2030. Un accord d'une importance majeur quand on sait que les 59 villes composant le C40 représentent 20% du PIB mondial et 8% de la population totale.

En revanche certains points ont suscité le désaccord, à savoir les "responsabilités communes mais différenciées" pour lesquelles les pays jugés en développement devraient disposer de moins d'obligations concernant les économies d'énergie. Le terme d'économie verte a également été contesté, notamment par les pays en développement qui jugent que ce n'est pas à eux de régler la "dette écologique historique".

Entre intérêts collectifs et individuels, la seule certitude émanant de la Conférence de Rio+20 est qu'elle n'a pas été à la hauteur des attentes et des espoirs placés en elle.


Source: vos économies d'énergie.fr