Les enjeux de la transition énergétique en France

Lors du débat concernant la transition énergétique en France qui a été réalisé en novembre dernier, les ONG avaient critiqué les premières décisions du gouvernement tandis que les industriels craignaient l'impact de cette transition sur leur compétitivité. Le gouvernement Hollande a bouleversé la politique énergétique de la France en réduisant la consommation dans les bâtiments, mais également en allégeant le poids du nucléaire avec les énergies renouvelables. Il convient de noter qu’au-delà de la question électrique, les enjeux de cette transition énergétique sont multiples et assez complexes.


Réduction de la part de l’énergie nucléaire

Le débat sur l'énergie devra établir les moyens d’appliquer la promesse de François Hollande qui préconisait de réduire de 75 à 50% le poids du nucléaire dans la production d'électricité d'ici 2025. En effet, le président français avait promis de fermer la centrale nucléaire Fessenheim qui emploie 700 salariés d'EDF d'ici fin 2016. Par ailleurs, le gouvernement prévoit de faire du démantèlement une filière créatrice d'emplois, mais les experts tablent sur le fait que 10 % des effectifs seront conservés. Les efforts mis en route pour réduire la part du nucléaire va se heurter aux arguments avancés par ses défenseurs qui estiment que son prix est nettement plus avantageux que celui les énergies renouvelables et qu’il a une influence positive sur la compétitivité des entreprises.


Réduction de la dépendance au pétrole et au gaz

Actuellement, les hydrocarbures représentent plus de 67 % de la consommation d'énergie, contre 24 % environ pour l'électricité qui provient des 58 réacteurs nucléaires qui sont encore en activité. Concernant le pétrole et le gaz, la France dépend entièrement des importations. À tel point que la facture avait atteint le cout astronomique de 61 milliards d'euros en 2011 et avait représenté la quasi-totalité du déficit de la balance commerciale.

La France pourrait posséder plus de 90 années de sa consommation actuelle de gaz sous forme de gaz de schiste, mais la seule technique d'exploitation disponible serait la fracturation hydraulique. Toutefois, cette alternative est interdite puisqu’elle comporte des risques importants pour l'environnement. Le débat sur les gaz de schiste est toutefois loin d’être mis de côté et devrait arriver à booster la compétitivité du pays, comme l’avait avancé le rapport Gallois.


Développement des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables ne représentent qu’un faible pourcentage de la production d'électricité en France. En effet, ils ne sont que de 11 % environ, dont 3 % pour l'éolien et le photovoltaïque contre 25 % pour l’Allemagne. Lors de la conférence environnementale de septembre, le gouvernement a affirmé son soutien aux filières vertes, qui devraient représenter jusqu'à 225.000 emplois, toutefois, leur développement est encore jusqu’à présent freiné par l'instabilité tarifaire qui touche l’ensemble du secteur. Par ailleurs, il convient de rappeler que les énergies renouvelables représentent un coût élevé pour l'État, qui les subventionne de manière massive. Ce coût pèse également sur les consommateurs via une contribution comprise dans la facture d'électricité qui devrait afficher une hausse de plus de 20 % en 2013.


Réduction de la consommation d’énergétique

Dans l’objectif d’une réduction de la consommation énergétique, le gouvernement devrait lancer un plan de rénovation thermique des logements dès 2013. Le parc immobilier français est assez vieux et les logements sont mal isolés. C’est notamment dans cette logique d'efficacité énergétique que Paris souhaite développer de nouvelles technologies comme les «réseaux intelligents » ou encore le stockage de l'électricité. En effet, si la France n’arrive pas à maitriser cette technique innovante dans une quinzaine d'années, elle sera contrainte de dépendre des centrales à charbon ou à gaz pour assurer la production électrique.


Source: vos économies d'énergie.fr