Monsanto : deux désherbants en ligne de mire de la justice française

Le groupe leader mondial de produits phytosanitaires Monsanto a été condamné par le Tribunal de Grande Instance de Lyon pour avoir involontairement intoxiqué un agriculteur français par son désherbant. Monsanto fait appel.

Monsanto devra verser des dommages et intérêts

Lundi 13 Janvier 2012, la société Monsanto, leader sur le marché des produits phytosanitaires, a été condamnée par le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Lyon. Elle a été tenue pour « responsable » de l’intoxication provoquée par ses herbicides sur un céréalier français de Bernac en Charente. A priori, la lutte entre l’agriculteur français et la grande firme américaine semblait déséquilibrée. Finalement, il a été décidé que la société devrait verser des dommages et intérêts à l’agriculteur. Cependant, celle-ci a fait appel jeudi.

L’agriculteur a été intoxiqué en 2004

C’est en 2004 que l’agriculteur charentais Paul François âgé de 47 ans avait été intoxiqué par le désherbant Lasso produit par Monsanto. A l’époque, il avait accidentellement reçu des vapeurs toxiques du désherbant dans le visage. Il avait alors subi des troubles musculaires, une incapacité à s’exprimer et des vertiges. Depuis, il connaît une fatigue chronique et des maux de tête qui l’empêchent de travailler à plein temps.

Celui-ci devra suivre une expertise médicale afin d’évaluer le préjudice subi et d’établir le montant des indemnisations.

La société Monsanto a fait appel de la décision

Le groupe Monsanto a fait appel de la décision du TGI de Lyon. Selon son avocat maître Jean-Philippe Delsart, il manque des preuves scientifiques de causalité entre les troubles de l’agriculteur et l’herbicide. En 2005, selon des analyses médicales, un solvant, le chlorobenzène, aurait été détecté dans l’organisme de l’agriculteur. Or celui-ci serait contenu également dans l’herbicide. Pourtant, la société constate que les troubles neurologiques de l’agriculteur ne sont arrivées que quelques mois après l’incident.

De nombreuses erreurs auraient été commises par la société Monsanto

Selon l’avocat de l’agriculteur, Maître François Lafforgue, l’accident qui s’est produit découle de plusieurs erreurs de la société Monsanto.

La première erreur serait d’avoir laissé le produit sur le marché français alors que celui-ci comportait des risques connus depuis les années 80. En effet, l’herbicide avait été interdit en Belgique, en Angleterre et au Canada. Ce n’est qu’en 2007 que sa vente a été prohibée en France.

De plus, la société a également été condamnée pour son manque d’information sur l’utilisation du produit. En effet, aucun étiquetage ne mentionnait la composition du produit ou la nécessité de porter un masque pour ne pas inhaler le produit.

Une condamnation inédite

C’est la première fois qu’une condamnation de ce genre a lieu. En effet, la société Monsanto a été condamnée dans le cadre d’un accident professionnel lors de l’utilisation de l’un de ses produits. Cette situation est inédite en France.

Un autre pesticide de Monsanto en ligne de mire de la justice française

Le groupe Monsanto n’est pas au bout de ses peines. En effet, lundi 13 février, le Conseil d’Etat a demandé à ce qu’un autre désherbant de Monsanto, le Roundup soit examiné par le Ministère de l’Agriculture. Il semblerait que certains composants de ce désherbant, vendu dans les jardineries pour le grand public, n’aient pas été analysés afin de déterminer leur toxicité sur l’environnement et la santé.

Source : Vos économies d’énergie .fr