Pékin va-t-elle devenir la ville la plus polluée au monde ?

Depuis plus d’une semaine, un épais nuage de pollution a recouvert Pékin et ses 18 millions d’habitants. Son ampleur et son extrême densité ont surpris tout le monde, à commencer par les autorités de la capitale qui ont été contraintes de suspendre de nombreux vols et de réduire la circulation routière.

30 000 masques filtrants ont été vendus en ligne sur Taobao.com, c’est dire le niveau d’alerte de pollution atteint ces derniers jours à Pékin.

Même si le ministère de l’Environnement s’en défend et s’est voulu rassurant  comme à l’accoutumée en minimisant l’ampleur de la pollution de l’air, des millions d’internautes chinois ont manifesté leur colère et leur raz le bol devant cette situation qui ne cesse de se répéter et de s’aggraver avec les années.

Au plus fort de la pollution, avec un niveau jamais atteint ce lundi 5 décembre, la visibilité ne dépassait guère que quelques centaines de mètres, rendant l’air irrespirable et le trafic aérien impossible.

Des centaines de vols ont donc été retardés et certains même, par mesure de sécurité ont dû être annulés, provoquant le mécontentement de milliers de passagers.

Suite aux nombreuses alertes diffusées par le Bureau de météorologie de Pékin, les autorités ont décidé également de restreindre le trafic routier en fermant les 6 axes autoroutiers qui ceinturent le pourtour de la périphérie de la capitale.

Il faut dire qu’avec plus de 2000 véhicules supplémentaires chaque jour l’augmentation du parc automobile ( 5 millions de voitures à Pékin ) a des conséquences immédiates : d’innombrables embouteillages qui saturent le trafic et l’air de gaz dangereux pour la santé.

Même si cela ne fait pas les grands titres de la presse chinoise, à Pékin dès le mois d’octobre, l’air devient de moins en moins respirable. Plus de 300 000 personnes décèdent chaque année des suites d’une maladie du cœur ou des poumons, liée directement à la pollution de l’air.

Un expert chinois aurait même déclaré que la pollution de l’air allait devenir la première cause de cancer du poumon avant même la cigarette.

Ce qui explique aussi pourquoi de plus en plus d’habitants souffrent de maux de tête, vertiges et difficultés chroniques respiratoires.

Les autorités sont embarrassées, elles ne savent plus sur quel pied danser, car de nombreuses industries et centrales électriques à charbon se trouvent à la périphérie de Pékin et participent certainement à l’aggravation de la pollution ambiante. Sans compter le nombre considérable de chantiers qui se trouve dans la capitale.

Une limitation des nouvelles immatriculations de voiture a bien été décidée depuis le début de l’année 2011 par le gouvernement chinois, mais suffira-t-elle pour éviter et limiter pareil brouillard de pollution ?

De nouvelles normes plus strictes pour lutter contre les particules les plus fines seront nécessaires pour résoudre ce problème. Mais les experts en protection de l’air chinois les plus optimistes le reconnaissent eux-mêmes, il faudra plus d’une vingtaine d’années avant de  trouver des solutions efficaces et pérennes.

En attendant, ce nuage qui s’abat chaque année à la même époque sur Pékin ( à l’entrée de l’hiver et qui n’arrive pas à se dissiper ) est tellement  imposant par sa taille ( de la superficie de la France ) qu’on peut le voir depuis l’espace.