Transition énergétique : Le débat national sur l’énergie en débat miné

Après l’annulation de la loi sur le logement social par le Conseil constitutionnel, le débat national sur la transition énergétique, prévu début novembre, va être reporté à une date ultérieure.


Transition énergétique : « une société sobre en carbone en 2050 » d’après François Hollande

Le débat national sur l’énergie, durant lequel le changement climatique devrait être discuté, a pris du retard. Pour Delphine Batho, la ministre de l’Écologie et du développement durable et de l’énergie, ce report tombe à point nommé, parce que les acteurs pourront avoir plus de temps pour remettre en question leur implication. « Chaque acteur doit savoir que ses préoccupations seront entendues »a-t-elle déclaré.

La transition énergétique est un projet initié par François Hollande afin de lutter contre le changement climatique. Selon ses dires, elle devrait « conduire à une société sobre en carbone à l’horizon 2050 », en prévoyant une réduction à 50% de la production des centrales nucléaires d’ici 2025.


Transition énergétique : Respect de l’équilibre des collèges

Comme il est stipulé dans la feuille de route, cette transition énergétique devrait respecter l’équilibre entre le patronat, les syndicats, les organisations non gouvernementales (ONG), les pouvoirs publics, les collectivités territoriales et les parlementaires. A l’issue de ce débat, ces six collèges devront définir les moyens et le budget qui devrait être alloué à la transition énergétique et trouver les mesures à prendre pour favoriser le développement des énergies renouvelables. Les recommandations devront par la suite inspirer un projet de loi qui devrait être annoncé en juillet 2013.

Bruno Rebelle, à la tête de Transitions, un cabinet spécialisé dans le développement durable, a été désigné par Delphine Batho pour conduire l’équipe technique chargée de la préparation d’une méthode pour organiser le débat. Il trouve que « Tous ces acteurs ont très envie de se lancer dans la discussion, mais ils sont aussi très nerveux. Ils veulent des règles du jeu tout à fait équitables ».


Désaccord entre les ONG et les entreprises

La ministre Delphine Batho a reçu une lettre provenant des ONG, demandant un droit de regard sur la personnalité chargée du pilotage du débat. De l’autre côté, les entreprises ont également tenu à participer directement au débat, dans une autre lettre signée par Jean-Pierre Clamadieu, président de la commission développement durable de l’organisation patronale.

En réponse à ce dernier courrier, certaines ONG ont jugé irrecevable cette demande. Dans un communiqué, l’Union française de l’électricité (UFE) a également donné leur avis en annonçant « qu’en aucun cas, les ONG ne pouvaient s’arroger le rôle d’êtres seuls en capacité d’apprécier les enjeux environnementaux, sociaux et industriels de la transition énergétique ».

Le débat devrait être animé par un comité de pilotage, qui sera formé par une équipe d’experts scientifiques et d’une équipe de citoyens. Les noms des membres sont actuellement en cours d’arbitrage à Matignon. Laurence Tubiana, directrice de la chaîne de développement durable à Sciences Po, le climatologue Jean Jouzel ou l’économiste Christina de Perthuis ont été invoqués pour former ce comité.

Le début de ce débat est très attendu pour enfin mettre fin à la dissension entre les ONG et les entreprises, les tergiversations sur la fermeture des centrales nucléaires, l’exploitation du gaz de schiste ou les impôts sur les énergies vertes. Cependant, aucune date n’a pour le moment été avancée.


Source: vos économies d'énergie.fr