Un nouveau décret pour lutter contre les algues vertes en Bretagne

Algues vertes en Bretagne : un nouveau décret attise les tensions

Le décret du mardi 11 octobre sur « la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d'origine agricole » ravive une discussion déjà houleuse sur les algues vertes en Bretagne. Quand le débat entre les militants de l’environnement, les agriculteurs et l’Etat français s’enlise, c’est une véritable marée…verte.

Qu’appelle-t-on les algues vertes ?

Les ulva armoricana, algues côtières comestibles appelées aussi “laitues de mer“, appartiennent à l’écosystème breton. Elles vivent dans des eaux calmes et peu profondes, dans lesquelles elles puisent la lumière nécessaire à leur croissance.

À quoi sont dues les marées vertes ?

Une trop forte concentration de leurs nutriments principaux, l’azote et le phosphore, au sein de leur milieu naturel, entraîne une véritable prolifération de l’espèce.

Les ulves, par milliers de tonnes chaque année, s’échouent alors sur les rivages, recouvrant les plages : c’est ce qu’on appelle les marées vertes. En se décomposant, ces algues vertes deviennent toxiques : il en émane de l’ammoniac et du sulfure d’hydrogène.

L’agriculture intensive mise en cause

Dans les années 50, pour faire face à l’exode rural de l’après-guerre et maintenir une production de denrées suffisantes, l’Etat a encouragé le développement d’une agriculture plus moderne et d’un élevage hors sol intensif. La Bretagne est ainsi devenue la première des régions françaises productrice de porcs.

Cette agriculture industrielle a eu pour conséquence une nette augmentation du flux des nitrates dans les eaux bretonnes dues principalement :

  • aux engrais chimiques azotés,
  • aux épandages de lisier (déjections animales de porcs, vaches, volaille)
ces fertilisants, dits facilement lessivables n’ont pas le temps d’être absorbés par les cultures en cas de pluies fortes, ; ils s’écoulent alors dans les rivières, puis vers la mer.

Depuis quelques années, les agriculteurs tentent de limiter leur impact environnemental en diminuant les quantités d’engrais et de lisier utilisées. Mais il faudra attendre encore un certain temps avant de pouvoir mesurer la portée de leurs efforts.

Le décret du 11 octobre pour trouver une solutions au problème des algues vertes

L’État français s’est engagé, de nombreuses fois au cours de la précédente décennie, à trouver des solutions pour lutter contre les proliférations des algues vertes. Le décret publié ce 11 octobre vient pourtant attiser les tensions. En cause, la limitation réglementaire d’azote par hectare qui ne s’applique plus à la « surface agricole utile » mais à la « surface potentiellement épandable » : d’après l’association Eau et Rivières de Bretagne, cela pourrait accroître de 20% le versement d’azote dans les sols.

Les associations bretonnes se tournent vers l’Europe

Une délégation bretonne composée d’élus écologistes et d’associations environnementales a déposé une pétition qui pourrait déboucher sur une commission d’enquête parlementaire.

Source: Vos Économies d'Énergie.fr