Un rapport alarmant de l'ONU prévoit d’ici 2050 3 milliards de pauvres sur la planète si rien ne change

Un rapport avec 56 recommandations pour la Conférence Rio+20 de Juin 2012

Dans un rapport publié à Genève le 30 janvier 2012, le Panel international sur le développement durable des Nations Unies a proposé 56 recommandations pour transiter vers une « croissance verte ». Selon ce rapport de 101 pages, si l’économie ne va pas plus dans le sens du développement durable, ce sont trois milliards d’humains qui sombreront dans la pauvreté. Ce rapport veut donner le ton avant la Conférence du Rio+20 qui aura lieu du 13 au 22 juin 2012. Le Panel est une commission de 22 membres dirigée par Micheline Calmy-Rey et mandatée par l’Organisation des Nations-Unies (ONU).

L’enjeu de la croissance démographique et des ressources naturelles

Les enjeux environnementaux et sociaux sont nombreux. En effet, avec l’augmentation du niveau de vie, la planète devrait abriter neuf milliards d’habitants d'ici 2040, contre 7 milliards à l’heure actuelle. Pour assurer un niveau de vie décent à tous, il faut absolument transiter vers une économie durable, avant d’épuiser toutes les ressources naturelles. Entre autres, la planète est déjà témoin de la déforestation de 5,2 millions d'hectares par an et de la diminution de la biodiversité -85% des zones de pêche connaissent la surexploitation ou l’épuisement. De même, les rejets de CO2 ont augmenté de 28% entre 1990 et 2009. Ainsi, selon le rapport, il faut agir dans l’urgence.

Les objectifs à atteindre selon la Commission de l’ONU

La Commission souhaite que durant le 21ème siècle la productivité soit doublée afin que l’on produise plus en ayant besoin de beaucoup moins de ressources naturelles et en ne mettant plus en péril la biodiversité. D’ici 2030, le but est de multiplier par deux les économies d’énergie et les énergies renouvelables.

Création d’un Conseil mondial de Développement Durable

Parmi ces recommandations, il est proposé de créer un Conseil de Développement Durable qui serait supervisé par l’Assemblée générale de l’ONU. Celui-ci aurait pour vocation d’inciter les gouvernements, les entreprises et les ménages à agir plus durablement. Il travaillerait en collaboration avec les organisations non gouvernementales, les entreprises et les scientifiques.

Les recommandations de la Commission onusienne aux gouvernements pour une « économie verte »

Le Panel préconise aux Etats membres de créer des indicateurs qui prennent en compte les coûts sociaux et environnementaux, ce que ne fait pas le produit intérieur brut (PIB) ou le produit national brut (PNB). A long terme, la Commission estime que le statut quo coûtera plus cher que la transition économique, il faut donc prendre en compte ces nouveaux coûts.

Le rapport conseille également aux gouvernements de favoriser le développement des « emplois verts ».

De plus, la Commission recommande aux gouvernements d’adopter des mesures fiscales incitatives qui encouragent la consommation durable et les technologies vertes. Par exemple, les gouvernements peuvent mettre en place des crédits d’impôts favorisant l’utilisation d’équipements à énergie renouvelable tels que les panneaux photovoltaïques ou l’éolienne domestique.

Le problème est que de nombreux pays européens baissent ces subventions aux énergies renouvelables. La France a été une des premières à le faire depuis 2011, avec la baisse du crédit d’impôt développement durable. L’Angleterre et l’Espagne sont également sur le point de réduire les aides financières dédiées aux installations à énergie renouvelable en 2012.

Enfin, la Commission souhaiterait que les subventions aux énergies fossiles cessent d’ici 2020. Aujourd’hui, ces subventions sont sept fois plus importantes que celles consacrées aux énergies renouvelables.

Source : Vos économies d’énergie .fr