Arnaud Montebourg veut développer le gaz de houille pour entrainer des économies d'énergie

Après les marinières, Arnaud Montebourg s’en prend désormais au gaz « made in France ». Lundi dernier, le ministre du redressement productif a avancé une plaidoirie pour l'extraction et l'utilisation du gaz de houille. Pour rappel, le gaz de houille est un hydrocarbure non conventionnel généré par une roche-mère de type charbonneux, constitué en grande partie de méthane.

Un contrat de filière devant permettre de réaliser des économies d'énergie

Lors d’une réunion du Comité stratégique de la filière chimie-matériaux qui s’est déroulée à Lyon, le ministre a rappelé que l’exploitation du gaz de houille devrait permettre aux industries chimiques françaises de réaliser de grandes économies d'énergie et ainsi, de réduire le « risque de délocalisation vers des pays où le prix du gaz est très bas ». En effet, M. Montebourg a tenu à indiquer que « l’extraction du gaz de houille qui est un gaz marinière “made in France” devrait assurer à la France entre cinq et dix ans de consommation ». Dans la même foulée, il a souligné que l’extraction de ce gaz, contrairement au gaz de schiste, peut être faite sans avoir besoin de recourir à la fracturation hydraulique. En ajoutant que « La profession nous a demandé aussi d'avancer sur le gaz de schiste ». Il convient de noter que le gouvernement prévoit de poursuivre les études sur les techniques d’extraction alternatives à la fracturation hydraulique qui respecterait l'environnement.

Cette réunion avait pour but d’examiner de plus près le contrat de filière qui a pour objectif principal de consolider un secteur industriel qui emploie actuellement plus de 400 000 salariés qui compte une collaboration de parlementaires, de partenaires sociaux, d’industriels, de pôles de compétitivité et de l'État. Par ailleurs, M. Montebourg a annoncé qu’un document devrait découler de ces réflexions et devrait être signé en juin.

Les diverses associations dénoncent une « provocation » dans le cadre de la transition énergétique.

Il convient de noter que le débat sur la transition énergétique a également engagé des associations de défense de l'environnement. Ces derniers ont d’ailleurs dénoncé une « provocation » du ministre du redressement productif. Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot pour la transition énergétique, a tenu à ajouter : « Si la transition énergétique à la française, c'est de consommer toujours plus d'énergies fossiles, cela ne nous intéresse pas. ». De son côté, Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement (fédération de 3 000 associations) a déclaré : « Ils auront beau être en marinière, ces gaz resteront toujours aussi échauffants pour le climat et n'en restera pas moins du grisou ». Pour leur part, le FNE a déclaré : « cela ressemble fort à un cheval de Troie pour nous faire croire qu'il pourrait exister une exploitation écologique des hydrocarbures, or c'est faux ».

La semaine dernière, FNE, FNH et onze autres organisations ont déposé une requête auprès du premier ministre pour lui demander « un entretien pour clarifier la position du gouvernement » sur divers sujets, notamment pour le gaz de houille et le nucléaire.

Pour sa part, la ministre de l'Énergie, Delphine batho, a jugé « prématuré » l’exploitation du gaz avancé par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg qui avait avancé que le gaz houille était une nouvelle donne énergétique pour la France.


Source : Vos économies d'énergie.fr