Arrêt des éclairages dans les villes : une nouvelle mesure d'économie d'énergie

A partir du 1er juillet prochain, la France va s’employer à restreindre l’éclairage nocturne de ses magasins, bureaux et monuments afin de réduire la dépense d'électricité. À noter que cette mesure devrait toutefois épargner partiellement Paris.

Une mesure destinée aux économies d'énergie

Un arrêté publié mercredi 30 janvier vient d’imposer la cessation de toutes les illuminations de bâtiments non résidentiels et l'éclairage des vitrines de magasins au plus tard à 1 heure du matin. Les éclairages intérieurs (bureaux) devront également être éteints au plus tard une heure après la fin de l’occupation des dits locaux. Selon le ministère de l’Écologie, la fin de ces éclairages devrait permettre de réaliser des économies d'énergie de plus de 2 térawattheures par an, la consommation électrique française, ce qui correspond aux besoins en électricité de 750 000 foyers.

Sept zones parisiennes exemptes de ces mesures d'économies d'énergie

Il convient toutefois de noter que les hôtels et les dispositifs qui assurent l’éclairage public (éclairages des routes, lampadaires, etc.) ne sont pas concernés par cette nouvelle mesure de développement durable. Des dérogations ont également été avancées pour les veilles de jours fériés (Noël) et les événements nocturnes, surtout dans les « zones touristiques d'affluence exceptionnelle ou d'animation culturelle permanente ». Ainsi, sept zones de la capitale bénéficieront de ce régime dérogatoire, dont les célèbres Champs-Élysées et la butte Montmartre.

41 autres communes ne sont pas tenues à ces économies d'énergie sur l'éclairage

Le ministère prévoit aussi d’accorder des dérogations pour quarante-et-une communes, dont sept zones parisiennes (Champs-Élysées, rue de Rivoli, Butte Montmartre, Place des Vosges...), mais également le centre touristique de Nice, de Marseille, le Vieux Lyon et Chartres. Ces mesures de développement durable ont pour but de réduire de manière significative le gaspillage d'électricité, mais également de réduire la consommation française de près de 2 térawattheures (Twh) par an. Par ailleurs, les mesures avancées devraient réduire les impacts sur l'environnement (migration ou reproduction des animaux par exemple) et même sur les cycles humains du sommeil. Les associations ANPCEN-Préservons la Nuit et France nature Environnement se sont réjouis de cette mesure et ont d’ailleurs avancés à ce sujet : « Les orientations générales du texte vont dans le bon sens ». Toutefois, ils appellent à la vigilance concernant les exceptions.

Il convient de noter que ce « black-out » ne vient pas conforter le gouvernement sur son projet de « transition énergétique ». En effet, cette économie potentielle a été ramenée à la consommation de courant en France et ne correspond qu’à 0,4 % du total. D’ailleurs, certains surestiment l'économie réalisable par les mesures.

Aller plus loin dans les économies d'énergie

Le Syndicat de l'éclairage, regroupant une cinquantaine d'entreprises de matériel électrique comme Legrand, a partagé à l’AFP que la baisse de consommation n’est que de 0,5 Twh, ce qui fait quatre fois moins de ce qu’avait prévu le gouvernement et ne correspondant qu’à 0,1 % de la consommation française.

Élise Bourmeau, la déléguée générale du syndicat, salue l’arrêté et la mise en pratique des mesures, toutefois, elle le juge « toujours incomplet » et incite le gouvernement à « aller plus loin » en réalisant les promesses d’améliorer les équipements électriques dans le but de faire des économies d’énergie qu’il a faite le mois dernier. D’après la fédération, l'éclairage tertiaire (bureaux, usines, hôpitaux...) correspond à plus de 37 Twh et qu’il serait possible de le réduire de 45 %. L'éclairage public en France représenterait quant à lui entre 5 et 7 Twh de consommation.


Source : Vos économies d'énergie.fr