L'Opecst suggére de différer la mise en oeuvre de la transition énergétique

Le député PS Jean-Yves Le Déaut et le sénateur UMP Bruno Sido s’accordent à dire que la transition énergétique ne repose pas sur des paris, mais doit être le résultat de progrès suivis. Pour ce faire, les deux hommes recommandent de suivre une « trajectoire raisonnée » qui s’inscrirait sur le long terme.

Un débat sujet à des divergences d’opinions sur la transition énergétique

De nombreux acteurs estiment que les objectifs du Grenelle de l’environnement seront difficilement atteints en matière d’isolation thermique et d’efficacité énergétique des bâtiments anciens. Le débat a également porté sur l’innovation énergétique et les meilleurs moyens de le favoriser. Si l’objectif annoncé avec les 400.000 logements construits en France est de parvenir à réaliser des émissions de 50 kWh/m2/an, ces constructions de 30 millions de m2 ne représentent encore qu’un faible pourcentage du parc. Les acteurs prévoient alors de se tourner vers la rénovation énergétique des bâtiments qui représente un marché potentiel de près de 15 milliards d’euros/an.

Le débat a été très animé et de ces rencontres ont découlé des avis plutôt divergents. Le directeur de la DHUP (Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages) estime que l’heure est à la transparence et que pour accélérer les choses, il vaudra mieux régler les conflits d’intérêts et de collégialité. À noter que l’OPECST est favorable à un plafonnement des émissions de CO2 critère basé sur l’énergie primaire totale. Conclu par Fleur PELLERIN, ministre déléguée à l’innovation, le débat s’est terminé par la mise en exergue de l’importance des réseaux intelligents et de l’innovation.

Des conclusions surprenantes pour le débat sur la transition énergétique

Présenté le 11 septembre dernier, le projet de rapport relatif à la transition énergétique s’est conclu par des recommandations en béton, annonçant que bon nombre de progrès sont encore à faire. Pour leur part, les parlementaires de l'Opecst (Office Parlementaire d’Évaluation scientifique et technologique) estime que le fait de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité en France de 75 à 50 % est une « une tâche gigantesque » que l’on ne peut réaliser en quelques mois. Ils suggèrent notamment de ralentir la cadence et de revoir le rythme de la transition énergétique annoncée par François Hollande. Les membres de l'Office recommandent donc de retenir la « trajectoire raisonnée » avancée par l'Opecst dans son rapport de décembre 2011 concernant l'avenir de la filière nucléaire. Le rapport précise que comme l’envisage l'OPECST, le retrait de la production nucléaire devra être accompagné de changements de taille, tels qu’une modernisation du parc par exemple. Ceci pourrait être effectué sur un rythme d’installation de 2 GW de la nouvelle génération, de ceux en remplacement et de ceux en fin de vie, mais aussi de 3 GW de la génération précédente. Le rapport énonce également qu’à la fin de ce siècle, l’énergie nucléaire devrait être réduite de manière conséquente (30 à 40 %).

Une telle trajectoire permettrait ainsi de réaliser les progrès avancés en matière de production énergétique à partir de sources d'énergies renouvelables, de stockage énergétique et d'isolation thermique des bâtiments. De leur côté, Denis Baupin et Corinne Bouchoux, les parlementaires écologistes de l'Opecst ne voient pas le projet du même œil, ils jugent le procédé archaïque et on choisit de voter contre le rapport.


Source : Vos économies d'énergie.fr