La précarité énergétique touche 1 Français sur 5

D’après un rapport de l’ONPE (Observatoire National de la Précarité Énergétique), 20% de la population Française, soit 5,1 millions de foyers, sont touchés par la précarité énergétique. Cet Observatoire a pour but d’analyser le phénomène de la précarité énergétique et de pointer du doigt les zones les plus touchées pour pouvoir mieux lutter. L’Observatoire réunit différents acteurs tels que l’ADEME, l’USH (Union Sociale pour l’Habitat), la FNCCR (Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies), l’ANAH ou encore le Médiateur National de l’Energie.

Des ménages de plus en plus touchés par la précarité énergétique

Par définition, une personne touchée par la précarité énergétique consacre plus de 10% de ses revenus à ses dépenses d’énergie, qui ne lui permettent cependant pas ou plus de subvenir à ses besoins de chauffage et d’éclairage.

Mais l’ONPE estime que cette définition très générale ne permet pas d’appréhender la réelle portée des enjeux du fléau. Sur cette base, 3,8 millions de ménages seraient touchés par la précarité énergétique contre 3,4 millions en 2011. Pour mieux analyser ce phénomène, l’Observatoire a décidé d’éclaircir la situation en mettant en place un panel d’indicateurs prenant en compte le niveau de revenu et le ressenti du froid. Après ces observations, le nombre de ménages est porté à 5,1 millions, soit 11,5 millions de personnes.

Le Président de l’ONPE, Jérôme Vignon a déclaré « C'est le mérite de ce premier rapport de l'ONPE que d'avoir posé un socle de définitions fournissant les bases à partir desquelles une diversité de mesures et d'indicateurs permettront de fonder un diagnostic et d'établir une vision commune».

Les différentes aides pour venir à bout de la précarité énergétique

L’ONPE encourage et recommande les aides au paiement des factures comme les chèques énergie suggérés par le projet de loi sur la transition énergétique. Il préconise également les dispositifs de soutien aux rénovations énergétiques des logements. Le programme « Habiter Mieux » de l’ANAH et les actions de l’USH dans le logement social ont une grande importance selon l’ONPE. L’Observatoire recommande que l’effort budgétaire de l’État puisse être maintenu au-delà de 2015. Sylvia Pinnel, ministre du logement, annonce un renforcement des ressources de l’ANAH à 468 millions d’euros en 2015 contre 306 millions aujourd’hui.

Le président de l’ADEME Bruno Léchevin a déclaré que «L'urgence, c'est d'aider dès à présent les plus démunis à payer leurs factures de chauffage et de mettre en place un véritable bouclier énergétique. Penser pouvoir réussir la transition énergétique et écologique sans traiter la question sociale, ce serait prendre un risque majeur d'échec. C'est pourquoi je me réjouis de la création du chèque énergie dans le projet de loi sur la transition énergétique. C'est un combat de plusieurs années et une conviction personnelle ».

Le projet de loi sur la transition énergétique prévoit également plusieurs mesures pour venir à bout de la précarité énergétique. Elle prévoit notamment d’intégrer la performance énergétique dans les critères de décence des logements. Le seuil de performance exigé se verrait ainsi augmenter au fur et à mesure des années. Les CEE (Certificats d'Economie d'Energie) seront également de mise pour lutter contre la précarité énergétique des ménages Français.