La rénovation énergétique est une priorité du gouverment qui veut absolument réaliser des économies d'énergie.

Le Ministère de l’Écologie et du Développement durable vient de déclarer que 3,8 millions de foyers et la plupart des ménages consacrant en moyenne 2900 euros par an pour ses dépenses énergétiques sont en situation de précarité énergétique. Par ailleurs, le budget énergie des collectivités a enregistré une hausse de plus de 22 % entre 2005 et 2010, pour atteindre 2,2 milliards d’euros. Ainsi, le ministère propose « d'accélérer la transition vers une société plus sobre en énergie".

Un objectif de taille pour les économies d'énergie

Pour améliorer la situation, le ministère propose alors 120 mesures, dont l'obligation de travaux dans les logements privés assortis d'un système de bonus-malus. Pour rappel, les propositions ont été le résultat de l’étude menée par les quatre groupes de travail lancés au mois de mai 2011 lors d'une table ronde nationale pour l’efficacité énergétique. Elles viendront alors soutenir les contributions de la consultation publique dans le but d’alimenter le plan national d’actions pour l’efficacité énergétique.

Il convient de rappeler que le Grenelle de l’environnement avait annoncé la réalisation annuelle de 500 000 logements énergiquement performants, jusqu’en 2017. Cette promesse s’avère aujourd’hui de plus en plus difficile à tenir. En effet, seule l’année 2010 a vu des avancées sérieuses. L’audit mené par l’Ademe a révélé que 135 000 bâtiments seulement ont fait l’objet d’une réhabilitation thermique et qui a affiché des résultats assez significatifs. Depuis, avec la situation de crise actuelle, le nombre n’a pas progressé et le futur semble encore incertain. Les économies d'énergie ne semblent pas être la priorité des français.

La rénovation énergétique passe par l'isolation thermique

Le gouvernement avait mis pour priorité la rénovation énergétique des bâtiments dans le cadre des politiques énergétiques et environnementales qu’il a menées jusqu’ici. À cet effet, le Plan Bâtiment Durable, dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, présidé par Philippe Pelletier, devrait proposer la mise en œuvre d’une obligation de travaux pour les bâtiments résidentiels anciens. Le groupe de travail constitué tout spécialement à cet effet devrait se pencher sur les diverses possibilités liées à chaque secteur du parc immobilier actuel, allant de la maison individuelle aux logements collectifs.

Le rapport établi par le groupe de travail est prévu pour 2013 et promet d’être intéressant. Toutefois, l’idée de mettre en place une obligation de travaux pour les bâtiments anciens ne devrait pas ravir bon nombres de monde, surtout du côté des propriétaires qui ne peuvent pas financer les travaux rendus obligatoires, notamment l'isolation thermique qui bien que primordiale pour l'amélioration énergétique peut être couteuse. Même si l’équipe qui gère le Plan Bâtiment Durable annonce qu’une attention sera portée à l’égard des ménages en situation de précarité énergétique, le risque social et politique demeure important. Par ailleurs, une telle mesure pourrait engendrer une nouvelle réduction des transactions immobilières avec un impact de taille sur la valeur des biens.

Les habitations les plus énergivores, qui représentent plus de 15 % du parc immobilier résidentiel, soit 4 millions de logements, devraient être les premières à être touchées par cette éventuelle obligation de travaux, accompagnés d’aides directes (subventions, etc.) et indirectes (prêts à taux réduits, etc.). L’obligation de travaux devrait être essentiellement réservée aux logements mis en vente. Enfin, une obligation de constituer un fond travaux devrait être affectée très prochainement aux copropriétés dans le but de faciliter la réalisation de travaux d'économies d'énergie futurs.


Source : Vos économies d'énergie.fr