Le gouvernement s'attaque à la transition énergétique

Mardi dernier, les membres du Conseil économique, social et environnemental (Cese) présentaient deux rapports sur le sujet des économies d'énergie aux ministres Delphine Batho (Écologie) et Cécile Duflot (Logement). Ces deux avis portaient notamment sur la transition écologique à l'horizon 2050 et l'efficacité énergétique.

Des objectifs d'économies d'énergie compliqués à atteindre

Le rapport met en exergue une recherche importante qui vise à compenser la fin de l'énergie abondante et à bas coût. À cet effet, Jean Jouzel a avancé que : « S'il n'y a pas de rupture technologique majeure, on ne pourra pas tenir les objectifs ». Parmi les autres innovations à ne pas laisser de côté, l’on peut citer le captage et le stockage en sous-sol du CO2.

Les deux rapports partagés par le Cese incitent également le suivi de plusieurs chantiers ouverts. Ceci afin d’accélérer au mieux le développement des énergies renouvelables qui sont déjà en phase de déploiement commercial ; de réformer le marché du carbone européen, mais également de soutenir « l'électrification massive des moyens de transport ».

Une gouvernance partagée pour faire face à la transition énergétique

Au niveau du pilotage, le Cese a avancé que l'État devait « rester l'acteur majeur de la cohérence du dispositif ». Toutefois, le changement local et la création d’emploi en vue de la « révolution verte » requièrent la participation majeure des régions. Le Conseil espère que les changements d’habitudes des consommateurs pourraient créer de l'activité économique. C'est du moins ce que l’on a pu constater en Irlande, où la taxation des énergies fossiles et les énergies renouvelables ont permis au pays de sortir du rouge. Une implication forte des différents acteurs est nécessaire pour favoriser la transition énergétique

La nécessité de réduire le bilan énergétique des bâtiments

Par ailleurs, les rapporteurs ont insisté sur l’importance d'avoir un bilan énergétique sobre. D’après ces derniers, la sobriété énergétique devrait devenir « la première source potentielle d'énergie domestique » d’ici 2020. Cela implique le fait que les meilleures énergies sont généralement celles que l’on ne dépense pas avec gaspillage. Dans ce domaine, le bâtiment est assurément le secteur le plus gaspilleur. En effet, le parc immobilier français consomme plus de la moitié de l'énergie produite. Il convient de rappeler que 55 % du parc a été construit vers 1974, soit avant toute réglementation environnementale. À ce titre, la Cese propose des solutions simples, mais efficaces comme l'individualisation des charges de chauffage dans les logements collectifs. Cette mesure devrait participer à la réduction de la consommation moyenne en chauffage de chaque foyer concerné de 15 à 20 %, ce qui engendre plus de 450 millions d'euros d’économies par an.

La fiscalité des économies d'énergie en question

À long terme, les rapporteurs invoquent également un « protectionnisme écologique européen ». L’Europe devrait protéger ses emplois et faire signe aux autres acteurs de l’écologie en autorisant le seul commerce des biens bénéficiant d'une « éco-conception» sur son territoire, et ce, au niveau continental.

Cécile Duflot a tenu à préciser que les travaux visent à servir de « guide et non de simple contribution » devant la troisième assemblée de la République, et ce, même si le gouvernement ne suit pas sa propre feuille de route, du moins pour le moment. Le 24 janvier prochain, le grand débat national sur l'environnement organisé par le gouvernement devrait connaitre de nouveaux bouleversements, notamment avec les débats sur la fiscalité écologique. La seule chose qui soit sure c’est qu’elle devrait déboucher sur une loi programmatique durant l'été qui encadrera plus précisément les économies d'énergie


source : vos économies d'énergie.fr