De l'eau au centre de la terre pour encourager les énergies renouvelables

Le ministère du Développement durable vient de donner son accord pour l’octroi de deux permis de recherche de géothermie de haute température sur le territoire français. C’est une avancée notable car cela n’est pas arrivé depuis plus de 20 ans. Une encouragement envoyé à la filière des énergies renouvelables.

Une relance pour la filière des énergies renouvelables

Les permis en question ont été notamment accordés à l’entreprise Electerre qui se spécialise dans les prospections de la région de Chaudes-Aygues-Coren, entre le Cantal et la Lozère. En effet, ils espèrent découvrir de l’eau à 160 °C à plus de 3 000 mètres de profondeur. Le deuxième permis a été quant à lui accordé à l’entreprise Fonroche qui prospecte dans la région située entre Pau et Tarbes, sur le piémont pyrénéen. La décision du ministre d’octroyer ces deux permis ne vient en aucun cas anticiper les recherches, mais se pose comme une relance de taille pour la filière d’énergie renouvelable qui a été un peu oubliée ces derniers temps. Cela permettrait notamment de donner un nouvel élan à l’ensemble du secteur en apportant des améliorations sur le chauffage écologique par exemple.

Le noyau terrestre comme source d’énergie renouvelable

L’objectif principal des recherches entreprises actuellement et dans les mois à venir est de trouver de l'eau naturellement chauffée par le noyau terrestre. En cela, la géothermie profonde permet d’utiliser des puits pour aller à la recherche d’eau à une température située entre 150 et 200 °C dans des couches géologiques supérieures à 3 000 mètres de profondeur. Le but de la manœuvre étant d’exploiter au mieux la chaleur et ainsi, l’utiliser pour la production d’énergie, notamment d’électricité. L’eau ainsi recherchée est naturellement chaude du fait qu’il est situé à proximité du noyau terrestre qui est bouillant.

En théorie, cette source d’énergie est importante. En effet, un kilomètre cube de roches refroidies de 20 °C obtenus avec la remontée d’eau chaude permet la production d’énergie équivalente à la combustion de 1,275 millions de tonnes de pétrole. Dans la réalité, il serait difficile, voire impossible de capoter cette énergie.

La France et l’Allemagne unis pour les énergies renouvelables

Vers 1995, l’Allemagne s’est allié à la France pour la création d’une centrale expérimentale unique au monde implantée à Soultz-sous-Forêts dans le Bas-Rhin. Ce centre expérimental exploite la chaleur de couches géologiques sèches et y injecte de l’eau depuis la surface. Ce système permet d’entrer directement au contact de la roche pour ensuite la pomper. Il convient de noter qu’en 2008, l’usine a été raccordée au réseau, depuis, elle gagne en puissance. Ainsi, l’un des trois puits installés dans le centre arrive à remonter plus de 30 litres d’eau par seconde à 170 °C.

L’outre mer à contribution dans la recherche d’énergie renouvelable

La France dispose d’une autre centrale en géothermie profonde, implantée à Bouillante, en Guadeloupe. Ce centre exploite quant à elle les réservoirs d’eau entre 110 et 350 °C situés près du volcan de la Soufrière. Les deux tranches exploitées par le BRGM affichent une puissance de 15 MW et fournissent plus de 10 % des besoins électriques de la Guadeloupe. L’île de la Réunion penche actuellement sur la mise en place d’un projet similaire. Le centre devait être implanté près du Piton de la Fournaise, mais l’installation de l’usine a été retardée du fait que la plaine des Sables, le site choisi pour l’accueillir, est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui met fin à toute idée de construction.

Source : vos économies d'énergie.fr