Encore beaucoup de désaccords à quelques heures de la fin du débat sur la transition énergétique

Après les nombreuses réunions, le Débat national sur la transition énergétique touche enfin à sa fin. Il est temps que le gouvernement fasse leur choix et décide de passer à l’acte.

La transition énergétique, un débat plein de rebondissements

Le ministre de l'Écologie, Philippe Martin, a déclaré que le débat s’est axé en grande partie sur l’énergie et n’a pas jugé bon de traiter les autres sujets qui sont tout aussi importants. Au cours des rencontres, des « groupes de contact » et sept « groupes de travail » se sont côtoyés. Le gouvernement a alors choisi de ménager les ONG environnementales, mais aussi l'industrie et le patronat. Ce qui fait que depuis les premiers jours du débat, les ONG ont obtenu que Pascal Colombani, l'un des membres du « comité de pilotage », parte de l’assemblée. Une heureuse nouvelle pour les écologistes qui estimait qu’ancien dirigeant du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) était un « nucléocrate » de trop. Ces derniers temps, Medef a exigé qu’une version de la synthèse soit retirée. La cause est que certaines décisions mises en avant dans le dossier ne lui convenaient pas. Et même si le débat s’est clos, c’est maintenant que les changements doivent commencer.

Jeudi prochain, le Conseil national du débat devrait finaliser les recommandations qu'il va remettre au gouvernement pour la transition énergétique. À noter que ces recommandations visent à mettre en place une loi-cadre pour l'automne. Les écologistes et les entreprises sont encore en proie à des discordes. Au terme des neuf séances plénières et de nombreuses heures à plancher sur le dossier, le comité de pilotage du débat a fini par partager un document provisoire présentant quinze propositions très générales qui met en exergue les causes de discordes entre les entreprises et les partisans du vert.

Modifier le modèle de société pour s'adapter aux économies d'énergie nécéssaires

Le document partagé par le comité de pilotage du débat revient sur les sujets de discordes entre les deux parties. La première à avoir été avancé concerne les économies d'énergie. Le comité estime notamment qu’il faudra réduire la consommation énergétique finale en 2050 de 50 %, par rapport aux chiffres de 2012 si l’on souhaite respecter le Facteur 4 qui a pour objectif de diviser les émissions de gaz à effet de serre par quatre d'ici à 2050. Le document explique que « Certains acteurs [...] considèrent que cet objectif est incontournable. D'autres le considèrent excessif, car contraire à la compétitivité à court terme ». Les représentants des entreprises proposent, pour leur part, de ramener cet objectif à 20 %. Jean-Louis Schilansky, président du comité énergie du Medef, appuie l’idée en assurant que « Bien sûr qu'il faille faire des économies d'énergie, mais cet objectif de 50 % n'est tout simplement pas réaliste sans modifier notre modèle de société et nos habitudes ».

Les solutions avancées dans le cadre de la transition énergétique

Concernant les gaz de schiste et le nucléaire, le document recommande la réalisation d’études complémentaires qui serviront à évaluer la faisabilité des promesses faites lors des campagnes présidentielles. Pour ce qui est du montant des investissements ou leur financement, le document estime qu’un investissement de 2.000 milliards d'euros serait nécessaire. Ces sommes devraient être rentabilisées avec la baisse de la facture énergétique qui devrait être de 300 à 1.000 milliards d'euros. Jean-Louis Schilansky insiste toutefois sur le fait que «ces montants, issus de projections non validées, peuvent engendrer des discussions sans fin ».

Le comité a proposé des recommandations sur presque tous les sujets traités, mais s’est bien gardée de répondre aux questions essentielles du débat, à savoir les sacrifices à faire en termes de consommation, la place du mix énergétique dans les énergies renouvelables, le financement de ce dernier et les subventions attendues pour cela. Il revient alors aujourd’hui au gouvernement de reprendre les rênes. Matthieu Orphelin, porte-parole de FNH, a notamment déclaré : « Le débat sur la transition énergétique a eu le mérite d'expliciter les grands choix possibles. Le gouvernement doit maintenant s'engager clairement ».


Source : Vos économies d'énergie.fr