Hollande relance le débat sur les gaz de schiste en France

A la première grande conférence de presse de François Hollande pour son quinquennat, le 13 novembre dernier, il a de nouveau ouvert la discussion sur l’exploitation des gaz de schiste.


L’exploitation des gaz de schiste interdite

Le 13 juillet 2011, une loi interdisant l’exploitation des gaz ou pétrole de schiste a été adoptée par le gouvernement François Fillon. François Hollande a maintenu cette interdiction en annonçant « Tant qu’il n y a pas de nouvelle technique, j’ai dit que durant mon quinquennat il n’y aurait pas d’autorisation de permis d’exploration des gaz de schiste ».

La fracturation hydraulique, la seule technique existante actuelle pour extraire les gaz ou pétrole de schiste des sous-sols reste cependant en vigueur. Toutefois, le président de la République s’attend à une possibilité d’extension de la recherche sur d’autres techniques.


L’environnement en priorité

Soucieux de l’impact environnemental de cette extraction, François Hollande s’était déjà opposé à l’extraction de cet hydrocarbure non conventionnel lors de la conférence environnementale, le 15 septembre.

A ce propos, il a déclaré « Dans l’état actuel de nos connaissances, personne ne peut affirmer que l’exploitation des gaz et huiles de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et l’environnement ». L’exploitation des gaz de schiste présente en effet des risques pour l’environnement surtout sur les nappes phréatiques.

Avancé dans les projets visant à relancer la compétitivité, la reprise des recherches sur l’extraction des gaz de schistes ne sera pas retenue a confirmé Matignon, le 5 novembre. Louis Gallois, commissaire à l’investissement a recommandé ce projet dans son rapport.


Une aubaine pour la France

Dans la dernière édiction du World Energy Outlook, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a révélé l’impact économique de l’exploitation de cet hydrocarbure non conventionnel aux Etats-Unis. Il a été avancé qu’en 2020, les américains deviendront le premier producteur mondial de pétrole. Cet objectif qui pour les Etats-Unis était longtemps inaccessible serait en vue grâce à l’extraction des gaz et pétrole de schiste.

Face à cette éventualité, l’ancien premier ministre Michel Rocard pense que « La France est bénie des dieux. Pour l’Europe, elle serait au gaz de schiste ce que le Qatar est au pétrole. Peut-on s’en priver ? Je ne le crois pas ».

Au sein du gouvernement, l’extraction de cette source d’énergie partage les membres. Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg a expliqué qu’un jour le débat sur l’exploitation du gaz de schiste sera sur la table. Alain Vidalies, ministre délégué aux relations avec le Parlement a également soutenu la déclaration de son collègue en expliquant qu’il est impossible d’écarter ce sujet pour l’éternité.

Les industriels, de leur côté avance que le gaz de schiste permettrait de diminuer la dépendance énergétique hexagonale de la France. En effet, 98% du besoin en gaz naturel français provient des importations. Le coût de cette consommation a atteint 61 millions d’euros en 2011.


Source: vos économies d'énergie.fr