L'Ecosse, dans un soucis d'économie d'énergie, se lance dans un ambitieux projet d'énergies renouvelables grâce à ses puissantes marées : l'énergie marémotrice.

Le gouvernement écossais vient de donner son aval au lancement d'un du plus grand parc d’hydroliennes d’Europe. Construit au nord de l’Écosse, ce parc devrait arriver à générer près de 86 mégawatts (MW) d’ici sept ans, uniquement avec des énergies renouvelables, soit de quoi fournir de l’électricité à plus de 40 000 foyers en Écosse. Le consortium qui mène le projet prévoit d’ailleurs de quadrupler cette puissance d’ici quelques années et ainsi augmenter considérablement les économies d'énergie.

Un projet ambitieux qui va favoriser les économies d'énergie

MeyGen, un consortium détenu par Atlantide Resources Corporation, une entreprise spécialisée dans l'énergie marémotrice, une énergie alternative, GDF Suez et la banque américaine Morgan Stanley, est la tête pensante derrière ce projet ambitieux. L’entreprise a choisi de retenir la technologie hydrolienne pour produire de l’énergie. Ainsi, elle a installé d'énormes turbines de près de 1500 tonnes et de 25 mètres de haut au fond de la mer qui sont propulsées par le courant de la marée. Chacun de ces monstres d’aciers est relié par des câbles électriques sous-marins et produit chacun un Mégawatt.

Le site a été installé dans le nord de l’Écosse, près de l'île de Stroma. Situé à quatre kilomètres des côtes, ce parc hydrolienne profite des marées provoquées par la rencontre de la mer du Nord avec l’Atlantique. De plus, dans cette partie de l’Écosse, le passage est assez étroit, ce qui accentue les courants. Les économies d'énergies réalisés seront donc optimales. La technique marémotrice est encore a ses débuts par rapport à l’éolien même si l’on recense depuis quelques années des usines qui utilisent la puissance de l'eau pour produire de l’énergie, à l’instar de celle de La Rance en Bretagne qui a une capacité électrique de 240 MW. Là où l’exercice se veut difficile, c’est avec l’installation des turbines sous-marines dans la mer. En effet, la mise en place de ces monstres d’aciers se fait dans des conditions très difficiles et sort tout juste du stade expérimental mais s'inscrit dans le cadre de la transition énergétique.

L'énergie marémotrice s'attaque aux autres énergies renouvelables

Afin de ne pas se prendre les pieds dans le plat, Meygen entend réaliser son projet par étape. Dans un premier temps, il va installer six turbines vers début 2014. L’installation de ces machines devrait leur permettre de disposer de données plus précises sur le système, les économies d'énergies réalisées et sa fiabilité, mais également sur les effets qu’ils auront sur l’environnement sous-marin. Une fois les premières données récoltées, l’entreprise pourra ensuite entamer le reste du projet. D’après les prévisions de l’entreprise, les travaux devraient être terminés d’ici 2020.

Meygen n’a pas souhaité rendre publique l’investissement prévu pour le projet. L’on sait qu’en plus d’être à ses balbutiements, la technique coûte cher, mais ne se développe que grâce subventions de l’État, ce qui soulève des questions. L’entreprise espère en tout cas que sa technique deviendra « concurrentielle par rapport à l'éolien en mer » d’ici jusqu’à la fin de son projet pour espérer de meilleurs rendements.

Carbon Trust, une organisation conseillant le gouvernement britannique estime que les énergies à base de marées ou de vagues présentent un énorme potentiel d'énergies renouvelables. D’après leurs calculs, ces techniques devraient permettre de combler plus de 20 % des besoins électriques britanniques. Par ailleurs, l’énergie issue de la technique marémotrice s’avère être plus régulière et plus prévisible par rapport aux autres technologies du même genre tel que le solaire ou l’éolien. Tandis que le soleil ne brille pas tous les jours, que le vent est parfois calme, les marées ont lieu chaque jour, ce qui permet de profiter des économies d'énergies à plein temps. De plus, les turbines sous-marines ne touchent en rien l’esthétique des paysages contrairement à une éolienne.

Pour Meygen qui espère installer près de 400 turbines, cette centrale est déjà un bon commencement. Il prévoit d’ici quelques années de quadrupler la puissance de ses turbines et ainsi, d’augmenter l’énergie produite.


Source : Vos économies d'énergie.fr