L’état de l’industrie éolienne

Les industriels de l’éolien se sont réunis comme chaque année à l’Éole Industrie à Reims. Ils accusent un essoufflement de l’éolien et des freins administratifs aux nouvelles installations.

L’essor de l’éolienne

Depuis plus de dix ans, l’industrie éolienne connait un essor favorable avec une moyenne annuelle de +24 %. Les Français n’arrivent pas à suivre le train des éoliennes, et d’ailleurs, la situation ne va pas en s’améliorant pour 2013. Alors que la France dispose du deuxième potentiel européen. En effet, elle se place à la quatrième place des producteurs d’énergie avec près de 7 459 mégawatts installés alors que l’Allemagne, qui se pose à la première place du classement, a dépassé les 30 000 mégawatts il y a deux ans.

La baisse des installations de 15 % a entrainé la production de seulement 750 mégawatts supplémentaires, ce qui tend à confirmer le fait que les productions de 2013 s’annoncent assez basses. En effet, au premier trimestre, l’on a recensé que 76 mégawatts nouveaux, soit -31 % par rapport à 2012. Pour pouvoir atteindre les 19 000 mégawatts sur terre comme le prévoyait le Grenelle de l'environnement à l’horizon 202, il faudrait que l’on arrive à raccorder plus de 1 200 mégawatts par an.

Les professionnels de l’éolien pour une simplification des procédures

Pendant l’Éole Industrie de 2013, les professionnels ont fait une relance générale et ont appelé les pouvoirs publics à réaliser un «choc de simplification administrative». Nicolas Wolff, président de France Énergie Éolienne, a également dénoncé les freins qui ralentissent actuellement les nouvelles installations. En effet en France, la durée de mise en place d’un projet éolien dure plus de six ans alors qu’en Allemagne, cela s’effectue en deux ans. Par ailleurs, le taux de recours administratifs contre les projets est monté à 40 %. Nicolas Wolff dénonce ces chiffres qu’il juge trop élever en déclarant que : « Pour toute autre industrie, on est autour de 5 et 7 %. Plus grave encore, à l'issue des deux années de traitement administratif de ces recours, plus de 80 % des projets sont finalement octroyés ».

Les changements apportés par la loi Brottes

La loi Brottes, adoptée en avril, a permis d’alléger les procédures, notamment en supprimant les « ZDE » (zone de développement éolien) et la « règle des cinq mâts». Nicolas Wolff appuie les mesures prises en avançant qu’« Elle était très handicapante, car elle stipulait qu'il fallait au moins cinq machines par projet. Or dans certaines régions françaises, notamment dans le bocage, c'était impossible ». Par ailleurs, les parcs éoliens subissent encore quelques freins. En effet, on a besoin d’un permis de construire avant d’en installer un et le régime d’autorisation est assez complexe, ce qui ralentit les travaux. Les professionnels dénoncent également la réforme de l'Ifer, à savoir le financement de l'éolienne qui « redistribue moins de valeur ajoutée aux communes qui devraient être les premières bénéficiaires ». Enfin, Nicolas Wolff a déclaré que ce qui freine le plus le secteur, c’est les coûts qui se voient actuellement doublées, mais également le délai d’attente qui peut durer jusqu’à deux ans.

L’avenir encore incertain de l’éolien

Pour ce qui est du tarif de rachat par EDF, il s’avère plus intéressant pour les investisseurs avec 82 € le mégawattheure. Pour rappel en 2012, il a subi les attaques d’une association anti-éolienne. Actuellement son sort dépend des décisions de la cour européenne de justice. Nicolas Wolff se plaint notamment que « pratiquement, le tarif est toujours en place. Mais beaucoup de banques refusent d'investir jugeant le tarif fragilisé ».

L’initiative du gouvernent pour dynamiser l’éolienne

Les industriels espèrent que la future loi de transition énergétique, attendue pour l'automne, proposera de meilleures conditions et permettra d’accélérer les mesures actuelles. En effet le gouvernement souhaite que la part du nucléaire dans la production énergétique totale de la France passe de 75 à 50 % grâce aux énergies renouvelables. Un objectif bien ambitieux au regard de la situation actuelle.

Source : vos économies d'énergie.fr