L'inde se positionne comme un leader dans l'électricité photovoltaïque

Le programme national mis en place il y a deux ans sur l'expansion des panneaux photovoltaiques s’avère concluant. Le marché de l’électricité solaire est de plus en plus compétitif puisqu’il peut désormais se mesurer au charbon et au gaz.


L’Inde devient une des puissances mondiales solaires grâce à la popularisation des panneaux solaires

L’électricité solaire, un nouveau filon qui ne revient pas cher et que tous les grands groupes spécialisés dans le solaire s’arrachent. Toutefois, les conditions de financement restent très délicates.

En 2010, l’Inde lançait un programme solaire national intitulé « National Solar Mission ». Deux ans après, il apparait comme étant l’un des marchés le plus en vues pour les années à venir. À un moment où les marchés européens et américains se voient freinés par la baisse des tarifs de rachat de l'électricité d'origine solaire, l’Inde se positionne comme étant le nouvel eldorado pour cette nouvelle énergie.


Une hausse considérable des panneaux photovoltaïques

Depuis 2010, les capacités installées ont vu une hausse de 17,8 à plus de 500 mégawatts (MW), mais cela n’atteint pas encore certes, les 22 gigawatts (GW) prévus pour 2022. À noter que les 20 GW raccordés au réseau seront ajoutés, des 2 GW hors réseau et toute cette énergie sont destinés à alimenter les zones rurales qui ne disposent pas de réseau. Pour rappel, l’Inde consomme chaque année plus de 830.126 gigawattheures (GWh), supplantant d’office tous les autres pays utilisant ce type d’énergie.

Encore plus déconcertante que les volumes installés, la baisse des prix pratiquée en Inde a fortement contribué au développement rapide du secteur. À 0,15 cent par kilowattheure, l'électricité solaire peut fièrement entrer en compétition avec le charbon qui compose plus de 69 % du mix énergétique ou encore du gaz naturel. De plus, le résultat a bien dépassé le plancher établi par la plupart des experts.


Les acteurs étrangers veulent bénéficier de cet éldorado photovoltaïque

Le National Solar Mission a fourni bon nombre d’avantages aux fournisseurs d'équipements solaires qui ont vu leurs exportations vers l'Inde boostés. L'américain First Solar, leader mondial des panneaux à couches minces a été le premier a constaté ce boom surprenant. Entre 2010 et 2011, ses ventes sont passées de 10 à 100 MW. Le chinois Suntech a, lui aussi réussi à écouler plus de 100 MW de panneaux.

Cette soudaine popularité a amené de nombreux acteurs importants du marché mondial à s’installer installés en Inde et à conclure des accords avec divers acteurs indiens. Tel est le cas du développeur allemand Juwi et du fabricant chinois de panneaux TrinaSolar qui ont choisi d’établir des succursales en Inde. Tata Power, filiale du conglomérat national Tata, compte aussi parmi les acteurs les plus influents sur ce nouveau marché. Le sous-continent se passionne de plus en plus pour les nouvelles technologies. Ainsi, avec la téléphonie mobile qui connait un essor en Inde, les antennes-relais qui déploient le réseau constituent un marché potentiel de plus de 2 GW.


Le Gujurat s’offre l’énergie verte

En plus du programme national, d’autres états ont mis en place leur propre plan solaire. Il y a deux ans, le Gujarat a instauré des incitations et depuis, il s’est montré plus actif en mettant en place plus de 600 MW projets. Depuis l’année dernière, 214 MW ont été attribués pour un parc situé dans la région de Patan. Le Gujarat attire ainsi des investisseurs potentiels comme les Américains de chez SunEdison, filiale de MEMC Electronic Materials, Abound Solar, MiaSole, spécialiste de la technologie de panneaux à couches minces CIGS (cuivre, indium, gallium, sélénium) ou encore SolarWorld. Ce qui fait qu’au final, plus de cinquante entreprises mettent en place des projets solaires dans le Gujarat. À noter que cet état compte parmi les plus actifs en matière d'énergie verte. Fin janvier, il comptait 2.580 MW d'éolien. L’Inde figure désormais parmi les pays les plus convoités en termes d’énergies renouvelables, toutefois, l’accès y est encore assez complexe si l’on prend compte du coût du capital élevé et du marché du financement encore immature.


Source : Vos économies d'énergie.fr