La biomasse soulève des questions, entre le bois et les biocarburants.

L’on appelle biomasse l’ensemble des matières organiques d’origine végétale et animale qui peut être utilisés comme source d’énergies renouvelables par combustion obtenue après un processus de méthanisation (biogaz) ou après des modifications apportées à travers de nouvelles transformations chimiques (biocarburants).

Une source d'énergies renouvelables ?

Nous pouvons considérer la source d’énergie que l’on obtient avec la biomasse comme faisant partie des énergies renouvelables avec un bilan carbone neutre. Toutefois, elle n’est pas une ressource illimitée puisque contrairement aux autres énergies renouvelables, elle n’est une énergie potentiellement renouvelable que si son équilibre naturel n’est pas bouleversé. D’ailleurs, on remarque une surexploitation de certaines de ses ressources, notamment du bois, qui empêche l'énergie de se renouveler et donc d'être considéré pleinement comme faisant partie des énergies renouvelables.

Lors d’implantation de grandes centrales de cogénération électriques, il n’est plus d’usage actuellement de prélever la production annuelle locale de la ressource puisque la nouvelle tendance vogue vers l’exploitation du capital forestier des territoires. Or, ce capital forestier est un grand gisement de carbone qui permet au CO2 émis par la combustion du bois d’être absorbé directement par la masse forestière existante. Si le capital est entamé alors, il parait clair que la ressource s’affaiblira peu à peu et entrainera les énergies fossiles conventionnelles et le reste de la planète dans un bilan carbone négatif.

Comment intégrer la biomasse dans une économie circulaire ?

La méthanisation dans le cadre de la biomasse est un concept qui, lorsqu’il s’inscrit dans l’économie circulaire, valorise les déchets ménages, organiques, agricoles et de l’industrie alimentaire, ce qui fait que le méthane produit permettra de disposer d’une bonne source d’énergies renouvelables. Dans le cas où la méthanisation a recours à des cultures énergétiques dédiées alors les résultats seront moins intéressants.

Il faut savoir que le procédé de méthanisation est un procédé assez complexe qui requiert une maitrise parfaite du processus. Une perte de seulement 4% du méthane peut entièrement annuler le bilan carbone positif pour ce type de production d’énergie. À noter que le méthane se réchauffe 25 fois plus vite que le CO2 sur 100 ans, ce qui fait qu’il convient d’apporter une attention particulière à ces pertes, même si elles sont de faibles valeurs.

Peut-on favoriser la biomasse pour des biocarburants à base de déchets ?

Les biotechnologies ont permis pendant ces dix dernières années de disposer d’une énergie produite à partir de biomasse sous forme d’agrocarburants. Pour que la biomasse ait la place qu’il mérite parmi les énergies à retenir, il est judicieux d’opter pour des projets qui sont utiles à l’ensemble de la société comme le recyclage des huiles végétales en biodiesel, une activité dont la Société TEN à Prémery (58) en est un fervent adepte. La création d’une filière qui produirait de la biomasse sur des terres agricoles à partir de cellulose, de sucre et d’amidon ou de cellulose pour ensuite produire des biocarburants serait inintéressante dans la mesure où cela entrainerait une hausse des denrées agricoles et que cela entrerait en concurrence directe avec l’alimentation.

En définitive, la biomasse pourrait être considérée comme étant une des énergies renouvelables si elle ne concurrence pas de manière directe d’autres ressources, qu’elle ne met pas péril la fertilité du sol et qu’elle n’ait aucun impact désastreux sur la biodiversité.


Source : Vos économies d'énergie.fr