La Cour des comptes remet en cause le modèle de soutien aux énergies renouvelables

Le rapport qui vient d’être publié par la Cour des comptes le 25 juillet portant sur « La politique de développement des énergies renouvelables » adopte le recours aux énergies vertes tant qu’elles n’ont pas d’impacts directs sur l'économie française.

Des objectifs trop ambitieux en termes d'économies d'énergie

Ce document vient à point, car après les désaccords qui se sont découlé du débat national sur la transition énergétique, les acteurs des filières des énergies renouvelables et les défenseurs du modèle énergétique français trouveront enfin une issue intéressante. En effet, le rapport incite les partisans des filières des énergies renouvelables à ne pas « relâcher l'effort » dans ce secteur tandis qu’il encourage les défenseurs du modèle énergétique à soutenir les choix sur le long terme, notamment en ces périodes où « l'accent doit être mis avant tout sur les économies budgétaires et sur la compétitivité de notre économie ».

Dans le rapport, la Cour des comptes dénonce également que la France s’est fixé des objectifs trop ambitieux qu’il ne sera pas aisé à atteindre en matière d’énergies renouvelables. En 2011, ces dernières comptaient pour 13,1 % de la consommation finale d'énergie, soit un peu plus de la moitié des 23 % des objectifs qui devront être atteints en 2020.

Une conjonction difficile pour les énergies renouvelables

La Cour des comptes a noté dans son analyse que l’essor actuel des filières vertes se heurte à « une conjonction de difficultés ». En effet, les pouvoirs publics se voient obligés de soutenir le secteur, qui engendre des couts de production élevés, via des garanties d’achats, des aides à l’investissement ou encore des incitations fiscales. Par ailleurs, la Cour a tenu à souligner que le cadre juridique est instable et que « les objectifs parfois contradictoires des politiques d'économies d'énergie, de la protection de l'environnement et de l'urbanisme compliquent et fragilisent le droit encadrant le développement des énergies renouvelables, ce qui favorise les contentieux et freine les projets ». Elle reproche également à l’État de ne pas avoir su « adapter son organisation, ce qui nuit à la visibilité et au pilotage de l'ensemble ».

Dans l’ensemble, la Cour des comptes juge que les filières industrielles des énergies renouvelables sont encore fragiles, que la filière des panneaux photovoltaïques est dans une mauvaise passe et que l’énergie éolienne en mer est un pari à risque.

Des coûts élevés pour le développement des énergies renouvelables

Concernant les coûts, la Cour des comptes note dans son rapport que « le coût croissant du soutien au développement des énergies renouvelables conduit à s'interroger sur sa soutenabilité sur le long terme ». Elle rappelle qu’entre 2005 et 2011, « l'ensemble des coûts publics de la politique de soutien aux énergies renouvelables supportée par les consommateurs pour compenser le surcoût de l'électricité d'origine renouvelable est estimé à 14,3 milliards d'euros ». À noter que la filière solaire a elle seule coûté près de 3,6 milliards d'euros pour des économies d'énergie limitées. Le rapport conclut ce point en soutenant que « le coût du soutien aux énergies renouvelables est donc très élevé sans que celui-ci ait apporté, jusqu'à présent, les retombées socio-économiques attendues ».

Les choix à faire pour les économies d'énergie

En somme, dans son rapport, la Cour des comptes recommande de poursuivre les efforts qui ont été déjà entrepris et de les soutenir sur le long terme pour assurer des économies d'énergie. Elle recommande également de faire des choix, afin de privilégier les filières qui pourront aider au mieux à atteindre les objectifs. Il convient de noter que tous ces efforts seront vains sans « une meilleure cohérence dans l'organisation et l'action de l'État ». En conclusion, elle rappelle que la France dispose d’un atout considérable avec son parc de 58 réacteurs électronucléaires. Outre l’assurance de disposer d’une électricité meilleur marché comparée à ses voisins, cela devrait lui permettre de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de manière conséquente.


Source : Vos économies d'énergie.fr