La géothermie : énergies renouvelables et tremblements de terre

Les centrales électriques à énergie géothermique installée près de la mer de Salton, en Californie, aux États-Unis n’arrivent pas à renvoyer l’eau qu’elles extraient dans les profondeurs. Cela a pour effet de faire trembler la terre aux alentours.

Un déséquilibre avéré dans cette station d'énergie géothermique

La mer de Salton, situé au sud de la Californie aux États-Unis, est un lac salé bordé par des champs géométriques. L’on y compte actuellement près d’une dizaine de centrales électriques qui assurent une capacité totale d’environ 330 MW. Depuis quelques années, les centrales géothermiques connaissent un vif succès. Leur essor vient du fait qu’elles arrivent à produire de l’électricité verte à partir d'énergies renouvelables et durables.

Pour ce qui est de l’installation, les centrales sont reliées à des puits enfoncés à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Elles ont pour rôle d’extraire l’eau chauffée dans les profondeurs de la terre (affichant une température allant jusqu’à 320 °C) et de les transformer en vapeur une fois remontée à la surface. La pression diminue alors et le gaz permet aux turbines de s’actionner. Une fois que le processus touche à sa fin, l’eau est réinjectée dans les profondeurs. Toutefois, seule la fraction qui a été récoltée est remise dans l’eau, ce qui fait que l’équilibre extraction-injection n’est pas toujours respecté. Ceci entraine d’ailleurs de lourdes conséquences sur la terre qui commence à trembler.

Des énergies renouvelables et des séismes annoncés

La revue Science par Emily Brodsky et Lia Lajoie de l’université de Californie à Santa-Cruz aux États-Unis se sont penchées sur les activités sismiques enregistrées sur le site entre la période de 1981 et 2012. D’ailleurs, elles ont créé un outil informatique qui permettrait de supprimer les informations relatives aux répliques suivant le premier séisme. Elles ont ensuite comparé les volumes d’eau extraits et réinjectés aux données partagées par les California Department of Conservation sur leur production et ont remarqué que le déséquilibre était la première cause des activités sismiques de la région.

En effet, il a été avéré que la centrale et ses activités entrainaient de graves changements géologiques. Les chercheuses ont d’ailleurs avancé que le volume net de fluide extrait dans l’eau était l’une des causes principales de l’apparition de séismes dans les alentours de la mer de Salton. La thèse de cette corrélation statistique se voit également renforcée par les conséquences du volume d’eau réinjecté. En effet, seuls 81 % du liquide extrait sont renvoyés dans les profondeurs, et ce, depuis 1992.

Il convient de noter que la première centrale a commencé ses activités en 1982. À l’époque, l’activité sismique dans la région était faible. De 1991 en 2005, les activités sur le site géothermique ont été renforcées. Cela a eu pour effet d’augmenter de manière progressive les activités sismiques. En effet, c’est durant cette période que les centrales ont foré de nouveaux puits, de manière à extraire un plus grand volume d’eau. En 2012, ils ont réussi à extraire plus de 10 millions de m3.

Si les séismes d’origine anthropique sont pour la plupart de faible magnitude, les activités des centrales géothermiques peuvent quant à elles engendrer des séismes atteignant des magnitudes plus importantes. Pour rappel, le plus puissant séisme enregistré sur le site a atteint une magnitude de 5,1. Même si cela parait alarmant, il reste que les chercheurs essayent actuellement de mettre en place des outils qui permettraient de prévoir l’arrivée des prochains tremblements de terre. À l'heure où la géothermie connait un grand essor en France et dans le reste du monde, les résultats de cette étude devraient être pris en compte par les différents acteurs qui souhaitent développer ce genre d’énergies renouvelables.


Source : Vos économies d'énergie.fr