La mutation de l’énergie solaire en France

La situation du marché du solaire français est critique. En effet avec la Chine qui inonde l’Europe de ses panneaux photovoltaïques à bas prix et les européens qui subissent directement l’effet de la crise économique sur leur pouvoir d’achat, on peut dire que le secteur de l’énergie solaire peine actuellement à briller. Certaines entreprises sont même contraintes de déposer le bilan et dans les dix plus grandes entreprises mondiales spécialisées dans le solaire, plus aucune n’est française.


Bilan des appels d’offres de Juillet

Dans le but d'inciter les entreprises à adopter des projets d’ < a href="/"économies d'énergie et développer l’énergie solaire en France, le ministère de l'Écologie avait lancé fin Juillet deux importants appels d’offres (d’un montant global de 1 milliard d’euros). Les impressions sont mitigées un mois plus tard. D’un côté, il y a la satisfaction de voir le secteur se relancer et de l’autre, l'impression que les plus gros acteurs de l'énergie solaire sont favorisés face aux plus petits qui ont eu des difficultés à sortir leur épingle du jeu et ont vu peu de leurs projets sélectionnés.

Le gouvernement avait sélectionné pour le premier appel d’offres environ cent projets consistant à installer des toitures solaires avec des capacités de 100 à 250 Kilowatts, pour un total de 21 MW. Pour le second appel d’offres, qui était plus important, 105 plus grandes infrastructures d’une puissance globale de 520 Megawatts avaient été retenues. Les sociétés dont les projets ont été choisis vont désormais pouvoir revendre à EDF l’électricité renouvelable qu’elles produiront à un tarif intéressant indiqué dans leurs offres. La contrepartie est qu’elles devront bâtir une centrale solaire et la raccorder au réseau d’ici à 2014. Les objectifs sont bien sur de réussir à atteindre les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement mais aussi de créer de l’activité et permettre aux entreprises du solaire français de rester à flot tout en faisant travailler de nombreux partenaires.


Les entreprises étrangères et les grandes groupes privilégiés

Même si Enerplan et le SER, deux syndicats des entreprises du solaire, ont fait savoir qu’ils étaient satisfaits de la démarche ministérielle pour relancer l’innovation dans cette filière, ils ont quand même souligné deux points négatifs selon eux : les PME ont été quelque peu oubliées dans la retenue des projets et la concurrence étrangère est toujours très forte. Richard Loyen, syndicat des professionnels dans le secteur solaire, a exprimé son regret de voir que peu de projets de PME aient été retenus : « beaucoup de nos PME ont été recalées et elles vont devoir attendre un an pour obtenir la garantie sur le financement et l'assurance de leurs projets » et qu’a contrario les grandes sociétés comme GDF Suez ont presque tout raflé en ce qui concerne les puissances à installer. GDF doit installer 80 Megawatts et triplera ainsi ses dispositifs photovoltaïques au sol et la coentreprise de Veolia et de Réseau Ferré a obtenu plus de 50 Megawatts.

Par ailleurs, concerant la partie industrielle, Jean-François Perrin, Président de l’Association de l’Industrie Photovoltaïque en France, a déploré qu’ « en technologie cristalline, plus de 70 % des modules seront fabriqués hors de France, et plus de 90 % des cellules ». Par exemple, des sociétés françaises comme Tenesol ou Photowatt n’ont pas pu bénéficier de ces appels d’offres.

En conclusion, il ressort que les français ne peuvent pas être compétitifs face aux Chinois sur la partie panneaux solaires ou modules mais plutôt sur le matériel de système de pointage du soleil ou les onduleurs qui ont une plus grande valeur ajoutée.


Source: vos économies d'énergie.fr