Le chauffage au bois pollue le ciel grec

La crise a eu un effet inattendu en Grèce : pour contrer le froid, les habitants se sont rués vers le bois à bruler au lieu d’utiliser des moyens de chauffages modernes. Cela a eu pour effet d’élever anormalement le niveau de la pollution.

Les énergies renouvelables et la crise

En décembre dernier, le ministère de l’Environnement grec a mesuré des taux dangereusement élevés de pollution de l’air aux alentours de la capitale, Athènes. Ce fut le premier alerte, car Athènes, comme la plupart des villes et des régions de Grèce, s’est éclipsé sous une brume épaisse et noire accompagnée d’odeur de bois brûlé à chaque fois que les habitants utilisent une chaudière au bois. Il convient de noter que le bois brûlé rejette des particules nocives pour la santé et qui peuvent même entrainer des problèmes cardiaques et respiratoires. Dimitri Iliopoulos, du Département de Santé publique du ministère de l’Environnement a notamment expliqué que « La situation est particulièrement dangereuse pour les personnes âgées et les plus jeunes. Ces personnes sont plus vulnérables. Et la situation va s’aggraver dans les deux ou trois mois parce que de basses températures sont attendues et que de plus en plus de personnes vont utiliser les cheminées ».

La Grèce traverse une crise économique qui perdure jusqu’à présent. Bien que la demande de carburant de chauffage ait chuté de près de 80 %, son prix n’a pas baissé. En effet, les prix de l’électricité et du fioul ne cessent d’augmenter notamment avec la nouvelle taxe sur la consommation imposée, passant ainsi de 0,80 € à 1,40 € le litre. C’est ce qui a poussé la population à se tourner vers le chauffage au bois.

Le retour au chauffage au bois

Face aux hausses successives du fioul et à la baisse des salaires et des retraites, les Grecs ont choisi de se tourner vers un tout autre moyen pour se chauffer. Si certains ont avancé qu’ils étaient prêts à renoncer au chauffage, car ils n’avaient plus le moyen d’en profiter, d’autres ont choisi de revenir aux basiques, en se chauffant avec du bois et en utilisant le traditionnel chauffage à bois ou la cheminée. La demande a donc augmenté de 30 %, ce qui a évidemment entrainé une hausse du prix du bois. En effet, si la tonne de bois était encore de 65 €, elle est actuellement vendue à plus de 200 € à Athènes et à 150 € à Thessalonique.

Chauffage au bois et dégâts environnementaux

Le fond du problème vient du fait que les Grecs trouvent que la hausse du prix du bois est exagérée, ce qui les conduit à éviter le bois de chauffe pour couper eux-mêmes leurs propres bois. Ainsi, les coupes illégales se sont multipliées dans les forêts. Rien qu’en 2012, l’on a saisi 13 088 tonnes de bois illégal. Il est en général excellent d'utilisé des énergies renouvelables, ils ne se rendent pas compte que, dans cette situation, leurs gestes peuvent avoir de dramatiques conséquences sur l’environnement. En effet, les environnementalistes viennent de déclarer que ces coupes pourraient détruire tous les écosystèmes existants et favoriser les inondations.

Par ailleurs, on peut trouver tout et n’importe quoi dans la chaudière à bois d'un Grec, pourvu que ça réchauffe. Ainsi, ils brulent des branches d’arbres, des journaux, des cageots ou encore des pneus trouvés dans des poubelles et recouverts pour la plupart de substances chimiques. Il est donc normal que la ville d’Athènes soit envahie par des fumées noires toxiques formées de monoxyde de carbone et d’oxyde d’azote étant donné que tout le monde utilise son chauffage au bois. Les experts du ministère de l’Environnement ont d’ailleurs avancé que la limite des 50 microgrammes par m3 d’air a été dépassée plus de 35 fois ces derniers temps. Avec la vague de froid qui s’abat sur la ville, la concentration de polluants s’élève actuellement à 170 microgrammes/m3.


Source : Vos économies d'énergie.fr