Le débat sur la transition énergétique débouche sur un rapport controversé

Le débat national sur la transition énergétique s’est finalement clos le jeudi 18 juillet dernier. À la suite de près de neuf mois de réunions incessants, une synthèse des travaux a été avancée. Le Medef a toutefois tenu à corriger le texte partagé en annonçant que les solutions présentées dans les textes ne doivent en aucun cas être prises pour des recommandations. Après le refus du patronat et diverses reformulations faites sur les textes, le projet a enfin été adopté.

Les désaccords sur la conduite de la transition énergétique mis en exergue

Les recommandations se sont vues transformées en synthèses de travaux tandis que les recommandations rejetées par le patronat ont été reformulées comme étant des enjeux. Michel Guilbaud, le directeur général du Medef, revient sur ces changements en déclarant que le terme de « recommandations » n’est pas adapté à la situation actuelle vu les désaccords sur la façon de mener la transition énergétique entre les acteurs du débat à savoir les ONG, les syndicats, les parlementaires, les élus, les employeurs et les représentants de l’État. Il a également ajouté : « Il me semblait important de savoir pointer les désaccords. Après, c'est au gouvernement de travailler ». Les écologistes ont rapidement affiché leurs mécontentements à la suite du rejet de l'organisation patronale. D’ailleurs, le secrétaire national d’EELV, Pascal Durand, accuse le Medef dans le JDD d'être « le patronat le plus arriéré, le plus conservateur et le plus réactionnaire que la planète porte ». Ronan Dantec, le sénateur socialiste dénonce pour sa part une tentative du Medef de masquer le succès du débat national avec un coup médiatique. Toutefois, après les remarques désobligeantes et les tensions perceptibles entre les acteurs, les conclusions du rapport ont finalement été adoptées et le gouvernement va maintenant pouvoir avancé sur la transition énergétique. La Fondation Nicolas Hulot a d’ailleurs ajouté que « la quasi-totalité du texte a été préservée ».

Des avis divergents sur le nucléaire et la consommation d'énergie

Les désaccords ont entrainé des divergences de fond, portant sur des sujets importants tels que la division par deux de la consommation d'énergie d'ici à 2050. La synthèse des travaux sur la transition énergétique souligne à cet effet que divers acteurs, dont les entreprises, estiment que la réforme est excessive et qu’une baisse de - 20 % devrait être prise en compte. Le gouvernement doit également trancher sur les questions du nucléaire. L’idée étant de respecter les promesses faites par François Hollande qui a avancé durant sa campagne vouloir réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 % à 50 %.

Concernant la rénovation énergétique des bâtiments, le projet se veut plus consensuel. Il appuie notamment la rénovation annuelle de près de 500 000 logements. Le texte final propose également des mesures qui soutiennent les énergies renouvelables ou qui ont pour but de réduire la consommation d'énergie dans les transports. Pour y arriver, diverses solutions ont été avancées telles que la réduction des vitesses maximales autorisées ou encore les services de partage de voitures.

Lancé vers le mois de novembre 2012, le débat national sur la transition énergétique devrait ouvrir sur des propositions à partager au gouvernement lors de la conférence environnementale qui se déroulera en fin septembre. À noter que cette proposition a pour rôle de mettre en place une nouvelle loi de programmation énergétique. L’objectif de toutes ces interventions est que la France puisse réduire sa consommation d’énergie, afin de respecter les engagements internationaux qu’elle a faite contre le réchauffement climatique. De plus, les issues de ces débats devraient permettre de rééquilibrer la balance commerciale qui a été affectée par les forts taux d’importations de gaz et de pétrole.


Source : Vos économies d'énergie.fr