Le marché unique de l'énergie, mis en place par l'UE, va faire la part belle aux énergies renouvelables

L’Union européenne prévoit de mettre en place un marché unique de l’Énergie en 2014. En parallèle, la CRE vient de dresser un bilan des interconnexions électriques. Le constat est clair : la France est une exportatrice nette, mais elle reste encore dépendante de ses voisins. La solution pour rémédier à cela passe par les énergies renouvelables

Une dépendance énergétique avérée

Dans un rapport sur les interconnexions en 2012, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a noté que la France avait été la première exportatrice nette d'électricité en Europe de l'Ouest en 2012, en exportant près de 44 TWh. À cause du caractère thermosensible de sa consommation d'énergie, elle est toutefois encore dans une situation de dépendance énergétique vis à vis de ses voisins en ce qui concerne les apports en électricité. Durant le mois de février 2012, la France a enregistré le plus haut taux de consommation d'électricité (102 GW) et est ainsi devenue une importatrice nette de courant. Dans son rapport, la CRE avance que « Les capacités d'importation, qui représentent 8 à 10 % de la consommation maximale, facilitent le passage de ces pointes de consommation, en ayant recours aux surplus d'électricité des pays frontaliers, dont la consommation est moins “thermosensible”. En ajoutant que : “Les importations d'électricité se sont même révélées indispensables pour garantir la sécurité d'approvisionnement des consommateurs français et éviter les délestages et les ‘blackouts’ lors de [cette] vague de froid.”

Des marchés plus flexibles et l'intégration des énergies renouvelables

Les volumes exportés par la France représentent 15 % de la consommation nationale. Malgré des chiffres importants en 2012, les exportations ont toutefois enregistré une baisse de près de 20 % par rapport aux volumes de 2011. La CRE explique cette baisse du solde exportateur net par un “renversement des échanges sur la frontière allemande, avec un solde redevenu importateur net à 8,8 TWh, après avoir été exportateur net de 2,2 TWh en 2011”.

En 2011, l’Allemagne a mis à l’arrêt 8 de ses réacteurs dans l’objectif de sortir du nucléaire. Ainsi, dans un premier temps, elle a compensé l’arrêt de ses centrales avec un plus grand volume d’importation d’électricité. En 2012, la tendance s’est inversée et la baisse des prix est survenue après “le développement continu des énergies renouvelables, qui a contribué à tirer les prix de gros de l'électricité sur les marchés outre-Rhin vers le bas”.

Pour la Suisse, le solde exportateur net est de 17,6 TWh, un volume qui est assez faible par rapport aux chiffres de 201 (25,2 TWh). Cet écart peut notamment s’expliquer par le fait que les exportations ont diminué en même temps que les importations augmentaient. La France pour sa part, exporte de plus en plus vers la Belgique, ce qui a entrainé la fermeture de deux réacteurs nucléaires. Le solde exportateur net est ainsi passé de 6 à 12 TWh entre 2011 et 2012.

De faibles coûts d'approvisionnement et plus de place pour les énergies renouvelables

La CRE ajoute qu’“Outre leur contribution en termes de sécurité d'approvisionnement, les interconnexions permettent de bénéficier de la complémentarité des parcs de production en Europe et du foisonnement des pointes de consommation”. Les interconnexions permettent également une intégration des énergies renouvelables à moindre coût, grâce notamment aux moyens de stockage, aux moyens de production qui sont devenus plus souples et aux réserves d’ajustement. Par ailleurs, cette interconnexion devra permettre “aux fournisseurs d'électricité de s'approvisionner au moindre coût en utilisant les sources de production les moins chères, au bénéfice du consommateur final”.

L’interconnexion des marchés entre la France, l’Allemagne et le Benelux en 2010 avait permis des économies d'énergie et de diminuer près de 50 M€/an les coûts d'approvisionnement. Pour 2012, la CRE avait prévu que si la majorité des voisins de la France avait accepté le couplage de marché alors, les coûts auraient été réduits de 110 M€.

Cette intégration des marchés européens devrait être opérationnelle d’ici 2014. D’ailleurs, de nombreux projets, comme le couplage avec l’Italie, le Royaume-Uni et l’Espagne, ont été mis en place pour atteindre plus facilement l’objectif. D’après la CRE, cela devrait permettre “d'améliorer considérablement l'efficacité des échanges aux frontières, et avoir un impact significatif en termes de diminution des coûts d'approvisionnement en énergie, de constitution des réserves ou de facilitation de l'intégration des énergies renouvelables”.


Source : Vos économies d'énergie.fr