Les haies du Bocage, nouvelle source d'énergies renouvelables

Le Bocage dispose d’un gisement d’énergies renouvelable oublié: ses haies. Diverses collectivités et la fédération départementale des Cumas espèrent d’ailleurs créer une filière bois énergie sur ce gisement.

Depuis six ans, il a été démontré que les haies du Bocage sont de vraies petites mines d’or. D’ailleurs, la fédération départementale des Cumas, les collectivités, les associations et les industriels lorgnent sur ce nouveau gisement et viennent de créer la Société coopérative d'intérêt collectif « Bocage énergies locales » (SCIC Bel) qui a pour objectif de mettre en avant le bois issu de l'entretien des haies bocagères et de me transformer en des plaquettes pour les chaufferies collectives du territoire. En effet, avec la généralisation de la chaudière à bois déchiqueté, les agriculteurs pourront exploiter le bois de plus d’un tiers sans forcément les transformer en buches.

Le bois des haies, une nouvelle source d'énergies renouvelables

En 2006, le projet a commencé avec l’achat d’une déchiqueteuse par la Cuma du Bocage, et une Cuma vendéenne. Les adhérents à la fameuse broyeuse ont augmenté au fil du temps et se comptabilisent aujourd’hui à 318. Les agriculteurs adhérents ont fini par comprendre que 35 m3 de bois (une remorque d'ensilage) étaient amplement suffisants pour chauffer une maison durant toute une année. À cet effet, le gisement d'énergies renouvelables a dépassé la consommation et les filières d'approvisionnement ont été mises en place dans le but d’approvisionner les acheteurs locaux (écoles, associations…).

Les 300 tonnes fournies au SARL « Bocage énergies locales » par ses adhérents ne représentent qu’une infime partie de la production des haies du Bocage. Ce qui fait que les acteurs de la SARL hésitent actuellement de solliciter les agriculteurs de peur d'être dépassés par l'offre.

Afin de booster le secteur, une filière avec des lieux de stockage au plus près des clients, des réseaux logistiques, une production organisée vient d’être mise en place avec la SCIC Bel. D’ailleurs, le pays du Bocage a tenu un rôle important dans le projet en mettant en relation diverses collectivités qui proposent des projets de chaudière bois. De leur côté, les industriels locaux fournissent du bois résiduel (la CAM de Nueil-les-Aubiers), ou choisissent de se poser comme des clients potentiels. Néanmoins, il convient de rappeler que leur participation se fait au même titre que les associations ou les collectivités.

Le choix des lieux de stockage dépend en grande partie des clients (chaufferies collectives municipales) et des ressources à disposition. Le bois de chauffage devra répondre à la certification « Bois qualité + » établie par l'interprofession qui vérifie la qualité du bois de chauffage avant d’être validé.

Éviter la surexploitation et continuer les économies d'énergie

Les agriculteurs et les élus sont conscients que la valorisation du bois de haies bocagères en énergies renouvelables relève de la surexploitation et devraient amener à la disparition des haies en question. Toutefois, ils choisissent de relativiser. En effet, les centaines de tonnes produites et consommées localement permettent d’affirmer que les haies du Bocage sont exploitées, mais de manière prudente. De plus, un règlement affirme que le bois issu d'arrachages de haies ne peut pas être exploité, seul le bois produit par une gestion durable de la haie peut être traité par la SCIC Bel. Par ailleurs, ils ont choisi d’assurer leurs arrières en collaborant avec des associations environnementales (« Bocage pays branché » et « Sèvre environnement »), qui s’assurent du bob respect au règlement.

Le potentiel de production annuelle de bois déchiqueté des haies du Bocage atteint les 10.000 tonnes, ce qui confirme que la filière bois énergie locale a un bel avenir devant lui. Cette évaluation se veut prudente, car elle part du fait que 50?% seulement des haies sont accessibles, et que 50?% d’entre elles sont exploitables. Un pourcentage qui présente encore des marges de sécurité liées à une exploitation prudente des haies, ceci dans le but d’éviter la surexploitation du gisement tout en continuant les économies d'énergie.


Source : Vos économies d'énergie.fr