Un projet de parc dédié à l'énergie éolienne en mer prévu au large de Fos

Le projet d’essai d’un parc d'éolienne a pour objectif d’ouvrir une ferme contenant une dizaine de machines d’ici 2017. Le port de Fos devrait compter parmi les bases qui vont accueillir cette source d'énergie parfaitement adaptée à la Méditerranée, mais la concurrence est rude dans le domaine et s’étend sur le plan mondial.

Un véritable marathon pour le développement des énergies renouvelables

Mardi dernier, la préfecture des Bouches-du-Rhône a porté à l’attention du public un projet de site d'essai pour l'énergie éolienne au large de Port-Saint-Louis du Rhône. Cette annonce est restée sans suite, le public a ensuite été surpris d’apprendre plus tard qu’une ferme située à Boulogne-sur-Mer équipée d’une machine de 35 kilowatts testée à terre devrait être mise en place d’ici 2020. Une deuxième fonctionnant avec 150 éoliennes situées au large des côtes de Provence devrait également suivre. Baptisé Mistral, le projet d’essai est l’équivalent d’une ferme installé sur l'île de Groix en Bretagne. Au niveau régional, cette source d'énergie devrait fournir autant d'électricité que l'hydraulique et les panneaux photovoltaïques d’ici 2050.

Des éoliennes flottantes au large de Fos

Le Mistral devrait permettre à tout le monde d’en savoir un peu plus sur les éoliennes flottantes. À noter que les installations du genre qui fonctionnent actuellement sont situées en Norvège et au Portugal. Nénuphar, une PME du Nord vient de développer une éolienne équipée d’une turbine à axe vertical de près de 100 mètres de haut sur un terrain de la zone du Caban Sud à Fos. Le prototype a été réalisé avec la collaboration du groupe d'ingénierie offshore Technip et d’EDF énergies nouvelles. L’entreprise prévoit d’étendre le projet en mer d’ici 2015, c’est notamment pour cela qu’elle s’attelle aujourd’hui à enchainer les projets d’essai.

Développer une filière industrielle pour les énergies renouvelables à Fos

L’industriel met tout en œuvre pour que le projet soit réalisé dans les temps. Du prototype à la « ferme pilote » de 13 machines prévue en 2017, chaque étape est assistée par des investissements d'avenir de l'État, du conseil régional et d’aides de divers programmes européens pour les économies d'énergie. D’ailleurs, la porte-parole de l’entreprise a récemment déclaré que « Ce genre de technologies ne peut pas se développer sans soutien public, surtout si on veut l'ancrer sur le territoire ». Nénuphar et ses partenaires. Pour ce qui est du choix de l’emplacement, Nénuphar et ses partenaires le justifient ainsi : « Avant le vent et la bathymétrie, le premier facteur du choix de Fos était l'environnement portuaire et industriel, capable d'y développer une filière dans les énergies renouvelables ». Et éoliennes en mer signifie bateaux et ports. Michel Ollier, porteur du projet estime qu’« Un port peut intervenir à deux niveaux : la maintenance, qui doit se faire à proximité des fermes pour que les allers-retours soient faciles, et la construction, explique. Si on imagine qu'en 2030 on a trois parcs sur la côte méditerranéenne française dont un à l'ouest de PACA, Fos est bien positionné pour être port constructeur des trois parcs et port de maintenance du parc provençal ». À noter que si la construction est bien confirmée alors, cela devrait générer des milliers d’emplois.

Les pêcheurs n’ont pas leur mot à dire face au désir de faire des économies d'énergie

Les zones affectées à l’installation des fermes n’ont pas encore été définies. Dans un rapport récent, FEE a déclaré : « Notre démarche est justement d'inciter les autorités à engager le travail de planification et de concertation ». En attendant la mise en place des parcs, les équipes s’attellent déjà aux premières étapes du projet Mistral.

William Tillet, secrétaire général du comité des pêches PACA, s’inquiète de l’avenir des territoires de pêches face à l’essor des projets du genre. Il a notamment déclaré : « On n'est pas d'accords, mais on fait avec, car c'est une volonté de l'État de développer les énergies renouvelables». À la suite de ces remarques, le lieu du projet d’essai a été décalé vers la zone de dépôts des dragages du port.

La localisation des activités a été également citée dans les dialogues. Si les composants sont pour la plupart rassemblés à Fos, cela peut aller plus loin. Pour l’heure, Nenuphar se vante d'une « fabrication 100 % Française », mais la question est : cette course aux économies d'énergie s’étendra-t-elle au niveau mondial ?


Source : Vos économies d'énergie.fr