Une ile pour stocker l'énergie éolienne en Belgique

La Belgique prévoit de construire une île artificielle en forme d'anneau qui devrait lui permettre de stocker l'énergie produite par ses champs d'éoliennes de Mer du Nord.

Un atoll dédié aux énergies renouvelables

Une porte-parole du vice-premier ministre et ministre de l’économie, Johan Vande Lanotte, vient de déclarer : « Nous avons beaucoup d'énergie éolienne et parfois, elle est perdue simplement par manque de demande en électricité ». Bruxelles espère porter la capacité globale de ses champs d'éoliennes en Mer du Nord de 380 mégawatts (MW) à 2 300 MW vers 2020. Ce projet a pour objectif de remplacer une partie de la production des deux centrales nucléaires de Doel et Tihange, réputés pour être peu fiables.

Interrogé sur l’atoll énergétique le mercredi 16 janvier dernier, lors de la présentation du projet au comité portuaire de Zeebrugge, dans le nord du pays, le ministre a avancé qu’il s’agissait « d'une sorte d'île circulaire, un grand donut posé sur le sable. À l'intérieur, il y aurait un grand puits ». Crée à 3 km au large de la ville voisine de Wenduine, l’atoll s’étend sur plus de 2,5 km, à 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. Sis près des deux parcs C-Power (6 éoliennes aujourd'hui, 54 à la fin de l'année) et Belwind (55 éoliennes) et d’un champ de 72 éoliennes, Northwind, l’atoll est tout simplement impressionnant et représente un pas important pour les économies d'énergie.

Un projet innovant en matière de gestion des énergies renouvelables

L’atoll fonctionne avec un système de transfert d’énergie par pompage (STEP), mais de manière inversée. Marijn Rabaut, expert pour la mer du Nord auprès du ministère a ajouté : « Tout repose sur un puits de 30 mètres de profondeur construit au centre de l'île et rempli d'eau en temps normal ». Lors des pics de production d’énergie ou de demande faible, l’eau sera pompée du fond du puits et déversée dans la mer avec l’électricité excédentaire. Cependant, en cas de manque d’énergie, l’eau viendrait de la mer vers le puits en passant par des écluses et des turbines hydrauliques pour produire de l’électricité. Bacha Seddik, chercheur au Laboratoire de génie électrique de Grenoble a notamment avancé : « Le système de turbinage/pompage couplé à des éoliennes est une très bonne solution pour absorber localement l'intermittence des énergies renouvelables et produire continuellement et de manière réglable de l'électricité ».

L'électricité peut être difficilement stockée et c’est notamment pour cela que de nombreuses sociétés d'électricité travaillent sur le développement de nouvelles solutions, à base d'hydrogène, de batteries ou d'air compressé. Ce qui fait que le fait de mettre en place de nouveaux systèmes de stockage pour les énergies renouvelables s’avère tout particulièrement intéressant. Bacha Seddik a avancé que « L'idée de construire une île artificielle s'avère par ailleurs très innovante, poursuit le chercheur. C'est possible techniquement, car la mer en Belgique n'est pas très profonde, intéressante dans la mesure où le pays n'a pas de relief pour construire des barrages sur terre et pratique, car la connexion entre les éoliennes et le système est optimisée : l'île pourrait servir de support aux pylônes. » En ajoutant que « Par contre, cette île va probablement représenter 90 % du prix du projet, qui devrait être très important ».

Le projet a déjà séduit un consortium international qui regroupe des sociétés belges, dans le cadre d'un plan d'aménagement spatial de la mer du Nord. La conception et construction de l’île devrait prendre cinq ans si Elia, le gestionnaire du réseau belge d’électricité établit des liaisons électriques vers la côte. Par ailleurs, le laboratoire national Risø de Danemark et des architectes travaillent sur le projet et prévoient de créer une île de stockage qui afficherait un réservoir de 3,3 km2 pouvant produire 2,75 GWh d'électricité, soit l'équivalent de la consommation d’électricité de Copenhague pendant 24 heures.


Sources : Vos économies d'énergie.Fr