Les risques d'incendie augmentés à cause de l'isolation thermique et de la RT 2012 ?

Avec les nouvelles mesures imposées par la réglementation thermique RT 2012, les épaisseurs des isolants ont été renforcées. Mais qui dit plus d'isolation thermique signifie plus de matière combustible, ce qui a pour effet d’accentuer les risques d’incendie. Le sujet a notamment été abordé lors d’un séminaire Feu organisé par Rockwool à Verron, dans l’Eure.

Le feu, premier risque avec l'isolation thermique

Lorsqu’un incendie se déclare, les fumées sont tout aussi dangereuses que les flammes. C’est d’ailleurs ce qu’a tenu à rappeler Rockwool lors du séminaire feu qu’il a organisé au CNPP (Centre national de prévention et de protection) de Vernon. En effet, la combustion incomplète des produits chimiques qui entrent dans la composition des matériaux utilisés pour l'isolation thermique. Ainsi, lors de l’incendie, du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone ainsi que des acides chlorhydriques et cyanhydriques sont libérés, ce qui a pour effet de créer un brouillard de fumée qui va troubler la vision, endormir ou ralentir.

Il convient également de connaitre le phénomène de flash over. Ce phénomène s’apparente à la montée et à la descente des gaz chauds. Ces mouvements de va-et-vient continuent jusqu’à la saturation. Lorsque les gaz chauds montent, ils rencontrent le froid et c’est là que les flammes se propagent. Gaetan Fouilhoux, responsable des relations institutionnelles chez le fabricant d'isolants en laines de roche, rappelle que : « Le feu se propage très vite. Pour éteindre un départ de feu, il faut un verre d'eau au bout d'une minute, un sceau après deux minutes, et une citerne au-delà de trois minutes ». Et ajoute : « L'objectif de ces séminaires est de rappeler aux clients et partenaires que le feu, c'est dangereux. Les matériaux ont des réactions différentes, et non seulement le feu se propage, mais les fumées sont toxiques ».

Le feu ne se propage pas toujours de la même manière, cela dépend en grande partie de la configuration de la pièce ou de la maison, mais aussi des isolants. C’est pourquoi, lors du séminaire, les intéressés ont réalisé des tests à l’aide de divers matériaux tels que les panneaux sandwich, la laine de r oche, le polystyrène expansé (PSE), le polyuréthane (PUR) ainsi que le polyisocyanurate (PIR).

L'isolation thermique n'est pas la cause des accidents

L’idée de ces tests n’est pas de démontrer quel est le matériau le moins inflammable ou quel est le plus dangereux. Toutefois, le groupe Rockwool a tenu à rappeler que « L'accidentologie ne connait pas la norme », ce qui fait que personne n’est à l’abri d’un malheureux accident domestique même s’il réalisé une isolation thermique efficace dans sa maison. En termes de résistance au feu, les Euroclass ont pour rôle de guider les constructeurs lors du choix des produits. La législation diffère quant à elle selon les types de bâtiment : bureaux, établissement recevant du public (ERP) et logement, ICPE (Installations classées pour la protection de l'environnement, usine). Gaetan Fouilhoux émet pour sa part quelques doutes : « Mais la RT 2012 préconise des épaisseurs d'isolants toujours plus importantes – au nom de la protection environnementale et des économies d'énergies. On peut alors se poser la question de la tenue au feu de ces constructions puisque plus d'isolants signifient plus de matière combustible, et donc une augmentation de la dangerosité ».


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