Le gel des prix de l'essence: possible mais à certaines conditions

François Hollande a fait part de sa volonté de mettre en place un gel des prix de l'essence pour que les français ne subissent pas une nouvelle hausse sur leur facture énergétique. Toutefois les groupes pétroliers ont fait savoir que cela n'est réalisable que si la part des taxes augmente. Effectivement, le porte parole de l'UFIP (Union Française des Industries pétrolières) a insisté ce lundi sur le fait que les marges actuelles ne sont pas assez élevées pour supporter un gel des prix de l'essence.


Il faudrait "jouer sur les taxes" selon les pétroliers

M. Jean-Louis Schilansky, président de l'UFIP a déclaré que "le problème de ce gel des prix de l'essence, ce n'est pas que c'est une bonne ou une mauvaise décision, c'est comment le mettre en place." Et, selon lui, la seule façon pour que ce soit réalisable, c'est de "jouer sur les taxes". Effectivement, il apparaît que les marges du raffinage ne sont que de vingt centimes d'euro par litre et seulement d'un centime concernant la distribution; il a donc rajouté qu'il existerait un réel "risque d'approvisionnement" en France dans le cas où le nouveau gouvernement choisirait de se servir de ces "faibles" marges pour établir ce gel des prix de l'essence.


Malgré les doutes des français, le gouvernement semble déterminé

D'après un sondage Ifop, près de 90% des français souhaitent qu'un gel des prix de l'essence soit effectif et qu'ensuite ces derniers baissent progressivement. Toutefois, il y a souvent un monde entre la volonté que les choses se passent de telle façon et la réalité, donc malgré l'envie générale de ne pas voir les prix augmenter, beaucoup restent sceptiques quant à la possibilité d'un tel scénario; c'est pourquoi le même sondage montre que seulement 44% des français pensent que les engagements de François Hollande seront respectés.

Pierre Moscovici, Ministre de l'Économie et des Finances a indiqué, Mercredi 8 août, que les prix à la pompe pourraient être immobilisés au cours des prochains mois si ceux-ci devaient continuer de croître. Il a d'ailleurs signalé qu'un groupe de personnes réfléchirait prochainement sur comment former les prix du carburant et les rendre plus transparents et a laissé sous entendre que l'utilisation des marges pourrait être choisie à défaut d'une réévaluation des taxes.


Les conséquences possibles de ce gel des prix

Lors des campagnes présidentielles déjà, il était question d'un blocage des prix à la pompe de trois mois pour éviter d'alourdir la facture énergétique des français. Effectivement, une des ambitions de François Hollande était de garantir aux français un gel du prix du gaz et du carburant; cela combiné à des économies d'énergie devait permettre de préserver le pouvoir d'achat des français. Cependant, ce gel pour les prix de l'essence n'avait pas eu lieu car les cours du pétrole ont baissé au même moment.

Toutefois, en Juin, l'essence est devenue plus chère en raison de la dépréciation de l'euro comparé au dollar et de la hausse de baril de brent. Alors, la question du gel des prix est revenu sur le devant de la scène ainsi que les problématiques qui vont avec. Si le gouvernement choisi d'utiliser les marges, les groupes pétroliers l'ont déjà prévenu du "risque d'approvisionnement" qui pourrait exister. Et, s'il choisit de jouer sur les taxes comme l'UFIP le lui conseille, l'État pourrait perdre jusqu'à 4 milliards d'euros de recettes alors qu'actuellement il lui manque 33 milliards d'euros pour finaliser son budget de 2013.


Source: vos économies d'énergie.fr