Le gouvernement promet une baisse du prix du carburant dans la semaine

Sujet de préoccupation majeur pour les Français, le gouvernement s’est engagé à faire baisser les prix du carburant d’ici quelques jours. Il reçoit aujourd’hui et demain les représentants des consommateurs et des exploitants de stations-service pour fixer les prix. Les professionnels, incités à faire des efforts, rappellent tout de même que leur marge de manœuvre est étroite.


Les actions de l’Etat et des pétroliers

Alors que les prix à la pompe frisent le record du printemps, le gouvernement promet une diminution du prix du carburant cette semaine. Samedi, le ministre de l’économie Pierre Moscovici, l’a assuré sans même attendre les entretiens prévus aujourd'hui et demain. "Je le dis ici, les prix des carburants baisseront par un effort partagé. Je m'y engage maintenant, ce sera chose faite la semaine prochaine" a-t-il dit.

Cependant les rencontres avec les professionnels, s’annoncent complexes, même si les industriels veulent faire part de bonne volonté. Jean-Louis Schilansky, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), annonce qu’ils sont prêts à accompagner l’effort du gouvernement concernant les carburants. Il s’est cependant empressé de préciser que « il n’y aura pas de miracle » pour cause de marges très serrées. «La flexibilité au niveau de la distribution est très, très faible. Après avoir payé 8 ou 9 centimes de frais pour distribuer les produits pétroliers, il reste aux distributeurs de l'ordre de un centime d'euro du litre», a-t-il expliqué. Du coté des enseignes, qui distribuent près de 25 % des carburants en France, les propos étaient encore plus prudents.

D’après des sources gouvernementales, la baisse risque d’être portée sur la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE – ex TIPP), qui rapporte beaucoup d’argent à l’Etat.


3 à 4 centimes de moins par litre

Les automobilistes pourraient alors payer 3 à 4 centimes de moins par litre. Cependant Thomas Porcher, économiste et spécialiste du pétrole, pense que se ne sera pas suffisant pour que les automobilistes soient sensibles à l’atténuation. Il faudrait une « baisse de 10 centimes »pour qu’ils voient une différence.

La baisse des prix devrait donc rester minime mais une baisse, même de quelques centimes, va se chiffrer en millions d'euros de manque à gagner pour l'Etat et le secteur des carburants. Ces derniers devraient donc se répartir l'effort financier, l'Etat envisageant une diminution "modeste" et "provisoire" des taxes, tandis que les pétroliers et les distributeurs vont être invité à réduire un peu leurs marges.

Un sondage a été effectué pour le magazine Sud Ouest Dimanche. On découvre alors qu'une majorité de Français (55%) se disent "plutôt mécontents" sur ce dossier et jugent "l'effort financier de l'Etat pas suffisant". L'équation s'annonce pourtant périlleuse : comment baisser les prix sans réduire les taxes collectées par l'Etat, qui peine déjà à boucler son budget 2013 ?< /p>

Des associations vigilantes

"On ne peut accueillir que favorablement l'annonce d'une baisse des prix du carburant, mais en même temps, il ne faudrait surtout pas que ce geste qu'on nous fait de la main gauche soit compensé par une taxe qu'on inventerait et qui viendrait nous prendre le même geste de la main droite", a ainsi expliqué lundi sur Europe 1 Pierre Chasseray, le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes.

L’association rappelle que chaque centime d’euro en moins de taxe par litre de carburant, c'est près d'1,5 million d'euros de moins chaque jour pour l'Etat. Elle s'inquiète "de la compensation qui pourrait être envisagée par le gouvernement pour amortir cette perte".


Source: vos économies d'énergie.fr