L'Allemagne décide de sortir du nucléaire d'ici 2022

L'Allemagne a annoncé lundi 30 mai sa décision de fermer ses derniers réacteurs nucléaires d'ici 2022. C'est la première grande puissance industrielle à renoncer à l'énergie atomique. Depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, l'Allemagne a déjà déconnecté ses sept plus anciens réacteurs; ils ne seront finalement plus réactivés, a annoncé aujourd'hui Angela Merkel. La décision a été validée aujourd'hui par le parlement allemand.

Restent 10 réacteurs à progressivement arrêter d'ici 2022: les trois plus récents seront les derniers à être mis hors service.

D'ici 2022, l'Allemagne devra trouver des solutions pour produire 22% de ses besoins énergétiques, provenant actuellement des centrales nucléaires. Augmentation des importations d'électricité depuis la France? Ouverture de nouvelles centrales thermiques (fonctionnant au charbon ou au gaz) au détriment des émissions de gaz à effet de serre? Développement des énergies renouvelables (nouvelles centrales solaires au sol, champs éoliens, etc...)? Autant de pistes à explorer.

Cette décision, annoncée comme "irréversible" par Angela Merkel a suscité une levée de bouclier des pro-nucléaires. Ils menacent le pays d'un black-out si l'hiver est rigoureux et d'une augmentation du prix de l'énergie pour les particuliers et les entreprises.

Le coût total de la sortie du nucléaire est estimée à 16 milliards d'euros d'ici à 2015 selon le gouvernement mais à plus de 40 milliards d'euros selon la CDU, le deuxième partie politique allemand.

A titre de comparaison, si la France décidait de sortir de l'énergie atomique, la tâche serait bien plus difficile car, aujourd'hui près de 74% de la production d'électricité française provient des centrales nucléaires. Mais le débat risque bien de ressurgir pendant la campagne présidentielle 2012.

La décision est également largement critiquée en France.

Eric Besson, ministre de l'Industrie et de l'énergie a vivement réagi sur Twitter: ''l'Allemagne est souveraine. Mais les conséquences de sa décision sont européennes. Je demande une concertation à Bruxelles''. Soutenu par Nicolas Sarkozy, il appelle à une réunion de concertation entre les ministres de l'Énergie pour essayer d'évoquer les conséquences des décisions nationales que chacun d'entre nous peut être amené à prendre''.